Déodorants : pourquoi se méfier et par quoi les remplacer

déodorants: pourquoi et par quoi les remplacerLes déodorants et anti-transpirants vendus dans le « commerce traditionnel » contiennent différentes substances sujettes à polémique : sels d’aluminium, parabène, triclosan…

Tout le monde connaît le déodorant, qui permet de réduire les odeurs liées à la sueur et à la transpiration. Présenté sous forme de crème, spray, stick ou bille, il est régulièrement sujet à polémique, suspecté de favoriser le cancer du sein en raison des substances chimiques qu’il contient. Mais encore…

Un cocktail de produits chimiques

L’aluminium

Cela fait déjà un certain temps que l’opprobre est jetée sur l’usage des déodorants à base de sels (ou chlorures) d’aluminium, souvent présentés comme une substance douteuse pour la santé. Ils ont pour fonction de boucher les pores de la peau et d’empêcher la sueur d’accéder à la surface. Efficace me direz-vous. Mais sont-ils si inoffensifs qu’on veut bien nous faire croire ?

Pas si sûr… L’aluminium est considéré depuis de très nombreuses années comme étant un composant neurotoxique, lié à plusieurs maladies (cardiaques, neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer etc). On en trouve dans l’eau, dans les vaccins, certains médicaments, papier alu, boîtes de conserve, ustensiles de cuisine… Il existe bien sûr des études scientifiques sensées nous rassurer et nous dire que « c’est sans danger », les doses sont infimes etc etc… (oui, sauf que moi, du déo, j’en mets tous les jours, pas une fois par mois….).

Mais comme souvent le doute est présent : difficile de faire confiance les yeux fermés, les études scientifiques sur le sujet étant souvent réalisées par des laboratoires non indépendants… Les résultats se suivent et se contredisent ; difficile de nous y retrouver.

Les parabènes

Ces fameux conservateurs, bien connus aujourd’hui du grand public, sont suspectés eux aussi dans l’apparition de maladies notamment le cancer du sein. Utilisés très fréquemment en cosmétique et dans l’alimentation, les parabènes ont été retrouvés intacts dans les tumeurs du sein (au cours d’une étude britannique de 2004, vingt tumeurs mammaires furent analysées par les chercheurs : dix-huit d’entre elles contenaient une concentration élevée en parabènes). Ceux-ci peuvent imiter le comportement des œstrogènes (hormones féminines), suspectés d’avoir une incidence sur les cancer hormonodépendants (sein, ovaire, utérus). A noter que ces effets oestrogéniques touchent également les hommes : les parabènes sont suspectés d’affecter la fertilité masculine.

Le triclosan

Le triclosan est un agent antifongique et anti bactérien, on le trouve dans des savons, dans des déodorants, des produits contre la transpiration, et beaucoup d’autres produits. Cette substance est un produit chloré, suspectée d’être nocive pour le fonctionnement du foie.

Rasage : attention danger

Il apparaît que les déodorants contenant ce type de produit, quand ils sont associés au rasage des aisselles peuvent être dangereux à long terme en augmentant le risque de cancer du sein chez les femmes. Une étude américaine intéressante a étudié les habitudes cosmétiques de 437 femmes souffrant d’un cancer du sein : « Utilisez-vous un anti-transpirant au moins deux fois par semaine ? Vous rasez vous les aisselles au moins trois fois par semaine? ». Celles qui ont répondu par l’affirmative à ces deux questions ont été frappées par un cancer du sein en moyenne quinze ans avant leurs congénères. Le rasage (et toute épilation en général) est suspecté de faciliter l’absorption des produits toxiques, en fragilisant la barrière cutanée et créant des micro lésions. Mais de là à garder nos poils sous les bras… Il y a forcément une autre option !

Les solutions

→  Si vous utilisez un déo « traditionnel » régulièrement ou occasionnellement, mettez-en très peu, en essuyant pour en absorber l’excédent. Et évitez d’en mettre plus d’une fois dans la journée afin d’éviter toutes allergies ou réaction inflammatoire des glandes sudoripares. Attendez le plus longtemps possible après une épilation ou un rasage, avant d’appliquer votre déodorant (plusieurs heures si possible).

→  Vous pouvez également fabriquer un déo 100% naturel « maison ». Faites infuser du romarin ou de la sauge, puis ajoutez-y 2 gouttes d’huile essentielle (cyprès, arbre à thé, ciste, citron, sauge sclarée, palma rosa…). Versez ensuite dans un vaporisateur et conservez au réfrigérateur quelques jours.

→  Dans le commerce vous trouverez facilement :

- La pierre d’Alun : elle neutralise les mauvaises odeurs tout en laissant la peau respirer. 100% naturelle, elle s’adapte à tous les types de peau et est économique puisqu’elle se conserve entre 2 et 3 ans.

- L’argile blanche : connue pour ses propriétés absorbantes et déodorantes, elle empêche le développement des bactéries (convient bien à l’hygiène des pieds).

- Le bicarbonate de soude : économique et sans toxicité, il est très efficace contre les mauvaises odeurs. Vous pouvez le mélanger avec quelques gouttes d’huile de lavande, antibactérienne. En revanche, le bicarbonate de soude peut laisser les aisselles un peu blanches.

- Du talc : composé de silicate de magnésium, il est hypoallergénique et limite la transpiration tout en laissant la peau douce. Il est plus efficace si on y ajoute de la poudre de sauge (régule la transpiration). Attention, lisez bien les étiquettes car certains talcs peuvent contenir des parabènes.

- Le vinaigre de cidre : imprégnez-en un morceau de coton et appliquez sous les aisselles. Pas de panique pour l’odeur, elle se dissipera peu après.

→  Il vous est également possible de faire le choix des déodorants bio, sans sels d’aluminium, sans parabènes, sans triclosan et sans alcool, inoffensifs et respectueux de l’éco système cutané. Ces déodorants, formulés à base de complexe d’actifs bio, sont capables de neutraliser naturellement les odeurs et de réguler la transpiration. La limitation de la prolifération des bactéries responsables des mauvaises odeurs est obtenue grâce à l’utilisation d’huiles essentielles antibactériennes, telles que le palmarosa ou le tea tree. A noter que les déodorants naturels luttent en général efficacement contre les odeurs, mais pas toujours contre la sensation d’humidité.

→  La douche quotidienne reste le meilleur moyen d’éliminer efficacement les bactéries responsables des mauvaises odeurs. N’oubliez pas qu’il vaut mieux porter du coton plutôt que des tissus synthétiques qui favorisent les odeurs nauséabondes. D’autre part, on orientera son choix vers des déodorants conditionnés en billes, sticks, ou pulvérisateurs sans gaz propulseurs.

La transpiration est un phénomène naturel et nécessaire (elle régularise la température de notre corps et évacue les toxines), qu’il ne faut pas bloquer à tout prix. Si votre hygiène alimentaire est équilibrée et que les excès se font rares, votre transpiration ne devrait pas avoir une odeur trop forte. Pour info, les épices et certaines graines germées (comme le fenugrec) la parfume délicieusement… A bon entendeur !

 

 

Cécile Van Lith

Naturopathe

FacebookTwitterGoogle+EmailPrint