Des acides gras pour les petits neurones de bébé !

Des acides gras pour les petits neurones de bébé !Les lipides sont d’une importance capitale : le lait maternel contient 45% de matière grasses, ainsi que les laits infantiles de substitution qui sont enrichis en lipides. Durant cette période, ces différents laits couvrent l’ensemble des besoins de bébé. Mais ensuite ?

On constate aujourd’hui une carence en acides gras essentiels chez les tout-petits, une fois la diversification alimentaire amorcée. Lorsque l’on change ainsi le régime alimentaire de bébé, pas facile de lui donner exactement ce dont il a besoin. Si le lait maternel (ou les laits adaptés) ont une composition qui correspond à ses besoins, c’est maintenant à vous d’éviter les déséquilibres et de veiller à un apport suffisant en lipides.

Le rôle des lipides

Ce sont notamment les apports en acides gras Oméga 3 et Oméga 6, qui sont insuffisants : ils sont indispensables au développement psychomoteur de bébé, de son système nerveux mais aussi de sa vision. Le cerveau d’un nourrisson est constitué de 50 à 60 % de lipides, c’est pourquoi il a des besoins importants en acides gras polyinsaturés pour se développer. Ceux-ci vont permettre la formation des neurones. Ils interviennent aussi dans le transport du glucose, le principal carburant du cerveau. Les enfants prématurés nécessitent une attention encore supérieure, n’ayant pas de réserves lipidiques. D’ailleurs, d’après une étude américaine, les enfants nourris au sein et ceux recevant un lait supplémenté en acides gras polyinsaturés (notamment les oméga 3) semblent avoir plus de facilités pour apprendre que les autres.

Des besoins accrus jusqu’à 3 ans: l’âge de maturité du cerveau de l’enfant se situe vers 3 ans. Jusqu’à cet âge, les lipides doivent représenter près de 50 % de l’alimentation de votre bébé. Tant qu’il est nourri au sein (ou au lait infantile adapté), aucun souci à se faire : tous ses besoins sont couverts ! C’est par la suite qu’il faudra veiller à ce que l’apport en acides gras essentiels (oméga 3 et 6) soit suffisant.

Grâce à une alimentation riche en acides gras essentiels (oméga 3 et 6), c’est à dire surtout en huiles végétales et poissons gras et un lait adapté à son âge (de croissance ou autre), votre enfant n’aura pas de carences.

Au quotidien

C’est facile ! Il suffit d’ajouter un peu d’huile végétale crue chaque jour dans les légumes de bébé, et de miser sur les aliments riches en bons acides gras. L’idéal est de combiner huiles végétales biologiques pressées à froid (ainsi qu’un peu de beurre et de margarine en alternance), et poissons gras (à adapter en fonction de l’âge de bébé et de son « terrain ») plusieurs fois par semaine.

En fonction de l’âge de bébé et de votre choix, un lait de croissance équilibré en acides gras pourra prévenir les carences. Il existe de nombreuses options : lait de croissance « traditionnel » à base de lait de vache, à base de brebis ou encore préparations végétales (spécifiques pour bébé) à complémenter soi-même, en acides gras notamment… Adaptez en fonction de l’alimentation de bébé et demandez conseil à votre pédiatre. Certains parents décident de ne pas opter pour un lait de croissance, en raison de son prix élevé et de son aspect « marketing ». Il faut savoir que l’on peut donner du lait premier âge plus longtemps que les 6 mois habituels, si l’alimentation est équilibrée en parallèle, et suffisamment riche en acides gras essentiels, en fer ou encore en vitamine C. Le tout est d’éviter l’introduction du lait de vache « brut » avant le premier anniversaire de bébé (voire ses 3 ans).

On trouve de nombreuses huiles végétales riches en Oméga 3 et Oméga 6 : colza, cameline, noix, lin, chanvre, onagre, bourrache, périlla, huile de foie de morue… On trouve également les précieux Oméga 3 dans certaines margarines, les poissons gras (saumon, thon, sardine, maquereau, foie de morue…) et les crustacés.

 

En pratique

On trouve certaines de ces précieuses huiles végétales sous conditionnement « classique », dans les rayons alimentaires bio (type colza, noix, chanvre…). Mais on trouve également des huiles particulièrement intéressantes sur le plan nutritionnel conditionnées dans de petits flacons « air less » (sans air) opaques, qui permettent une conservation optimale. C’est le cas d’huiles comme onagre, bourrache, périlla, cameline, foie de morue… A noter que toutes ces huiles sont très fragiles et doivent être conservées au frais, hors de portée de la lumière pour éviter leur oxydation. Sans oublier qu’il faut les utiliser rapidement, en général dans les 2 mois suivant l’ouverture.

 

Dès la diversification alimentaire de votre bébé : on ajoute quelques micro pressions d’huile de cameline, de périlla etc, un petit filet d’huile de colza ou une noisette de margarine en ajout sur une purée ou un légume. Pensez simplement à ajuster : si vous lui donnez un lait de suite équilibré en acides gras essentiels, n’en rajoutez pas trop dans l’alimentation.

A partir de 18 mois jusqu’à 3 ans : un peu de poisson gras (environ 30 gr) 1 ou 2 fois par semaine, mixé, en petits morceaux, poché ou en papillote, mais toujours cuit sans graisses ajoutées. Saumon, truite, maquereau, sardines, en brandade avec des pommes de terre, en papillote avec des brocolis… Si vous ne donnez pas à votre enfant du lait de croissance enrichis en acides gras essentiels, veillez simplement à lui mettre chaque jour un petit filet d’huile de colza, de cameline, de noix etc sur les tomates, les crudités, le poisson ou une noisette de margarine sur ses pâtes, ses légumes ou son riz…

A partir de 3 ans : vous pouvez donner à votre enfant au moins deux portions de  poisson par semaine : poissons gras ou crustacés (crevettes, crabe…) et toujours un filet d’huile quotidiennement, en assaisonnement.

Si vous optez pour du poisson en boîte, préférez le saumon au naturel, les sardines à la tomate, à l’huile d’olive ou de colza, ou encore le maquereau plutôt que le thon.

 

Brindilles