Du 10ème au 12ème mois

Du 10ème au 12ème moisCa y est, bébé commence à devenir une petite personne à part entière!

Il est de plus en plus indépendant, marche presque, arrive enfin à maîtriser ses petits doigts boudinés et refuse obstinément de monter dans la poussette… Et oui, ça pousse trop vite ! Le temps est venu de s’éclater avec lui, communiquer au maximum, commencer à gribouiller, jouer de plus en plus… On retombe un peu en enfance !

Développement affectif

Il va chercher de lui-même du réconfort lorsqu’il est perturbé : par exemple il tend les bras pour qu’on le prenne.

Il exprime ses émotions facilement : triste, joyeux, fâché, apeuré, blessé ou mal à l’aise. Et il sait reconnaître ces émotions chez les autres.

Il sait communiquer son malaise lorsqu’il est apeuré ou stressé, et se mettre à craindre parfois des situations qu’il vivait bien auparavant.

Il se sent coupable lorsqu’il fait quelque chose de mal.

Il sait communiquer son besoin constant d’être vu et entendu par un adulte.

Il témoigne son affection à l’aide de câlins, de bisous, de caresses et de sourires.

S’opposer de plus en plus, refuser de manger, rejeter tout aliment nouveau, ne plus vouloir faire la sieste et avoir parfois des accès de colère. Il se montre de plus en plus indépendant et cherche à résister au contrôle des adultes.

Il manifeste ses préférence pour certaines personnes et certains jouets (en pleurant, en riant…).

Il se peut que bébé ait peur de choses qu’il ne peut pas comprendre ou qui ne l’inquiétaient pas auparavant (la sonnette de porte, la sonnerie du téléphone…). Essayer dans ce cas de le réconforter et de le rassurer : papa maman sont là, tout va bien.

 

Développement intellectuel

Le langage

 

Bébé commence à comprendre beaucoup de mots et de phrases simples. Il est donc essentiel de continuer à lui parler. Lui va s’exprimer dans son patois de bébé, qui se fait comprendre mais ne sait pas encore prononcer correctement. Le mieux est de répéter ce qu’il dit en langage adulte, avec les bons mots. Exemple « boiboi » remplacé par « je veux boire ».

Il est essentiel d’avoir des conversations avec bébé pour qu’il améliore ses capacités linguistiques. Quand il débite une phrase de charabia, réagir en lui disant « Oh, vraiment ? Comme c’est intéressant ! ». Il sourira probablement et poursuivra ses bavardages. Peu à peu, les mots et les gestes seront plus intelligibles, ainsi que d’autres formes de communication, comme montrer du doigt ou bougonner.

Il est également très utile de décrire le moindre de ses faits et gestes à bébé, ou de lui fredonner des comptines, lui montrer les actions associées à certains mots (par exemple « au revoir » de la main) et lui apprendre à identifier des mots et des phrases par le jeu. Il parviendra bientôt à établir un lien entre ce qu’il entend et ce qu’il voit. Il commencera à dire maman et papa lorsque ses parents seront face à lui ou entreront dans la pièce (même s’il risque d’employer encore indifféremment les deux mots pour le moment).

Plus ses parents associent les objets (ou les actions) à leur nom, plus le vocabulaire de leur progéniture se développera : lui parler et nommer les objets, compter les marches de l’escalier en montant, citer les noms et couleurs des fruits et légumes au supermarché… Lui lire un livre d’images et lui demander de montrer ou nommer les objets qu’il connaît. Lui donner parfois des choix : préfère-t-il porter des chaussettes rouges ou des bleues, jouer avec ses cubes ou ses anneaux ? Il ne répondra peut-être pas, mais il peut cependant révéler une agréable surprise !

Peu à peu, au fil des mois, les mots et les sons affluent dans la bouche de bébé, qu’il peut presque utiliser correctement (les lobes frontaux de son cerveau se développent peu à peu, coïncidant avec l’émergence de capacités cognitives supérieures, telles que le raisonnement et la parole). Ses parents doivent continuer à encourager son intérêt pour le langage en l’écoutant attentivement et en répondant à ses mots et babillements. Ce type d’interaction est crucial pour lui apprendre la communication dans les deux sens. Des jeux de « coucou » l’aideront à perfectionner sa mémoire.

Bien que leur vocabulaire ne se compose sans doute que de quelques mots en plus de « mama » et « papa », beaucoup d’enfants d’1 an sont capables de babiller un peu, prononçant des phrases qui semblent provenir d’une langue étrangère.

Il comprend certaines demandes, questions et phrases simples comme « Donne-moi le livre! », « Trouve ton ballon! » et « Où est ton soulier? ».

Il apprend à associer des gestes à des mots, comme dire « non » en secouant la tête de gauche à droite et faire « au revoir » en envoyant la main, et il apprend certaines exclamations comme « oh oh ! ».

Il commence à anticiper le moment où survient une surprise dans une chanson.

Il attend son tour lorsque vous jouez à faire des sons avec lui.

Il répond à des demandes verbales simples.

Il utilise un vocabulaire expressif de 2 à 8 mots, comme « non », « bébé », « bye-bye » et « allô », ainsi que des termes imitant le son d’objets, comme « tchou-tchou ».

Il emploie un seul mot pour exprimer toute une pensée.

Il parle peut-être moins lorsqu’il s’exerce à marcher.

Son raisonnement

 

Il cherche un objet lorsqu’il le sait caché, par exemple en soulevant des bols renversés, en regardant dans une boîte ou en ouvrant des sacs.

Il a compris que les petits objets peuvent s’insérer dans les plus grands, et arrive à faire concorder des formes : par exemple insérer un objet cylindrique dans le trou correspondant.

Il associe des gestes et des sons à certaines choses, par exemple il miaule devant le chat et pointe le doigt en l’air lorsqu’il voit un oiseau.

Pointer les bonnes parties du corps lorsqu’on le lui demande.

Il est conscient de ses propres gestes et de certaines de leurs répercussions, et il compare le même geste en le faisant avec chaque côté de son corps.

Il renforce sa mémoire.

Il aime regarder les images des livres.

Il répète un geste qui provoque une réaction, comme faire tomber des cubes empilés.

Développement moteur

Vers l’âge de 10 mois, les bébés sont généralement capables de bien marcher à quatre pattes en appui sur leurs mains et genoux, les membres droits et le tronc parallèle au sol. Bébé peut aussi s’asseoir tout seul et même marcher en se tenant à un meuble, en lâchant éventuellement les mains de temps en temps et en restant debout sans appui. Peu à peu il se stabilise en position debout en se tenant à divers meubles… Il va bientôt marcher, aux alentours de 12 mois (il faudra parfois patienter quelques semaines à quelques mois de plus, certains enfants ont besoin de plus de temps).

La plupart des enfants font leurs premiers pas sur la pointe des pieds, les pieds tournés vers l’extérieur. Cette étape est majeure dans l’indépendance de bébé, mais aussi dans la tranquillité de ses parents… Ca va être sport !

Il se tient debout en fléchissant les genoux, comme s’il voulait s’accroupir. Il peut s’accroupir, se baisser, se pencher, puis se relever…

Il marche en s’agrippant aux meubles et lorsqu’on le tient par les deux mains.

Il monte habilement l’escalier en rampant et rampe sur le sol comme un pro !

Il peut presque marcher lorsqu’il est tenu par une seule main, voire faire deux ou trois pas seul.

Il s’assoit lourdement lorsqu’il passe de la position debout à la position assise.

Il tourne en rond sur ses fesses lorsqu’il est assis et fait une torsion pour prendre des objets.

En parallèle à cette motricité globale, il développe sa motricité fine, qui lui permet d’utiliser de plus petits muscles dans le but de faire des mouvements plus précis.

Bébé devient de plus en plus agile avec ses mains, et peut désormais attraper de petits objets, sans poser son poignet sur une surface dure (et hop, le dîner par-dessus bord !). Les petits objets l’intéressent au plus haut point et il continue à les découvrir en les mettant à la bouche. Attention à ce qu’il ne les avale pas.

Il oppose son index à son pouce (formant une sorte de pince) pour ramasser de petits objets.

Il met des objets dans une boîte, puis les en retire, et met des cubes l’un par-dessus l’autre sans les faire tomber.

Il utilise son index pour pointer, pousser, toucher et explorer.

Il relâche intentionnellement un objet pour le remettre à la personne qui le lui demande.

Il tient une cuillère, mais s’en sert avec de l’aide. Il va très bientôt arriver à se nourrir seul à la cuillère et boire dans un gobelet.

Il peut se servir abondamment de ses 2 mains et peut-être montrer une préférence pour l’une d’elles : alors, droitier ou gaucher ?!

Il commence à tenir des crayons et faire des gribouillis.

Vers 12 mois, bébé commencera peut être à manger avec une cuillère, même s’il risque de rater souvent sa bouche.

Il va certainement commencer à changer de jeux, passant de la maîtrise des capacités motrices fines (il maîtrise maintenant bien la pince) à l’entraînement de muscles plus gros. Certains enfants de cet âge ont une durée de concentration de deux à cinq minutes pour des activités calmes (mais leurs jeux préférés sont en général loin d’être calmes !).

Bébé adore en général tout pousser, lancer et jeter à terre. Il sait donner un jouet ou prendre celui qu’on lui tend. Il aime les jeux qui lui permettent de mettre des objets, comme des cubes, dans un récipient, puis de le vider (cela fonctionne aussi avec des pots, des moules…). Il peut mettre des petits récipients dans des grands et adore le bruit qu’ils font lorsqu’il les cogne les uns contre les autres.

 

Développement social

La personnalité de bébé commence à s’affirmer. Selon son caractère, il est très sociable, sourit à tout le monde ou au contraire, est plutôt timide et peu entreprenant… Il aime « discuter » avec son entourage (en répétant les sons), il requiert l’attention de ses parents par des gestes, dit au revoir de la main…

C’est aussi la période des premières oppositions : il proteste car il commence à penser par lui-même et n’a plus envie de toujours se plier aux volontés de ses parents… Là, on joue finement et on fait tout pour détourner son attention ! Par exemple, si il refuse d’aller au parc, on élude l’aspect parc pour se concentrer sur les balançoires (ou ce qu’il adore) ! Il y a de grandes chances pour qu’il oublie vite son refus d’aller se promener !

Bébé comprend sans doute des instructions simples et peut choisir volontairement d’ignorer ses parents lorsqu’ils lui disent non (pour donner un peu plus de poids au mot « non », réserver son usage à des choses vraiment dangereuses). Il n’est pas trop tôt pour fixer certaines limites et commencer à lui expliquer la différence entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. Ce n’est pas de la méchanceté que de lui interdire d’avaler un deuxième gâteau : c’est simplement lui fixer des limites. S’il tire la queue du chat, écarter sa main et le regarder droit dans les yeux en lui disant, « Non, tu fais mal au chat. ». Guider ensuite sa main pour qu’il caresse doucement l’animal. Son désir d’exploration est plus fort que son désir d’écouter les avertissements familiaux. Ce qui semble être de la défiance n’en est pas en réalité : il s’agit simplement d’une curiosité naturelle et d’une envie d’explorer le monde qui l’entoure. C’est aux parents de le protéger et de lui dire ce qu’il a le droit de faire.

Il faut aussi se mettre un peu à la place de bébé ! Lui qui a été encouragé dans son exploration du monde depuis sa naissance, se retrouve confronté à un « non » cinglant, dès qu’il touche ou met quelque chose dans sa bouche… Frustrant !

Il peut s’affirmer face à ses frères et sœurs et jouer de son côté, content de jouer près d’autres enfants (mais pas avec). Il a peut-être également choisi sa couverture ou son animal en peluche préféré comme doudou

Il comprend si ses parents approuvent ou non son comportement

Il aide au moment de se faire habiller : par exemple il allonge les bras pour se faire enfiler les manches d’un vêtement ou lève ses pieds pour se faire chausser

Il aime secouer la tête et dire « non », même lorsqu’il veut dire « oui » (aïe, ça commence !)

Il imite les gestes des adultes ainsi que les mouvements et les jeux des autres enfants, et répète les sons ou les gestes qui vous font rire

Il se voit comme une personne distincte des autres

Il se dandine au son de la musique

Il montre qu’il connaît la routine et les rituels de la journée, et sait « ce qui va suivre »

Il expérimente des façons d’attirer l’attention et adore être le centre de l’univers !

Il répond aux demandes : il va délaisser un jouet si on le lui dit.

C’est le moment de profiter de la réceptivité de bébé pour commencer à lui apprendre la politesse : insister sur « s’il te plaît » et « merci » et transformer le moment du rangement en un jeu amusant. Même s’il n’assimile pas tout de suite, il n’est jamais trop tôt pour commencer !

 

Brindilles