Inconvénients et dangers de la péridurale

Il n’est pas question ici de lancer le débat « péridurale : pour ou contre » ou de la diaboliser, mais plutôt de comprendre quels sont les enjeux et les risques pour vous ainsi que pour bébé.

Nous connaissons tous les avantages de la péridurale : éviter à la mère de souffrir lors de l’accouchement. Il est devenu impensable aujourd’hui, voire intolérable de devoir subir la douleur alors que des moyens existent pour la combattre. Génial me direz-vous. Mais ce n’est malheureusement pas si simple, et il existe des inconvénients à cette pratique. Certes chaque femme réagira différemment, mais comme pour tout acte médical, il peut y avoir des conséquences physiques et psychologiques à un accouchement sous péridurale.

Un accouchement médicalisé

L’anesthésie péridurale est un acte médical, solution salvatrice dans le cas des accouchements avec complications. Mais dans le cas d’un accouchement où tout se passe bien, elle peut engendrer des difficultés, qui peuvent générer d’autres actes médicaux, l’administration de substances médicamenteuses, etc…  Dés lors qu’on pose une péridurale, on rentre dans un accouchement médicalisé.

Les dérivés morphiniques qui composent le cocktail anesthésiant (même s’ils sont très dilués depuis 2005), agissent sur l’activité musculaire du corps, peuvent influencer les contractions et ralentir le travail. Le bassin étant insensibilisé, l’envie de pousser diminue, et l’utilisation des forceps est plus fréquente. L’ocytocine (ou Syntocinon) est un produit souvent ajouté dans la perfusion de la maman, qui accélère les contractions de manière peu physiologique. Si le bébé en souffre, l’équipe médicale intervient généralement pour accélérer l’accouchement : en appuyant sur le ventre, en utilisant des instruments, en pratiquant une épisiotomie, voire une césarienne. Dans ces cas là, la péridurale aura plutôt compliqué l’accouchement qu’autre chose.

La composition de la péridurale varie d’un anesthésiste à l’autre, il est donc difficile de savoir à l’avance comment ce cocktail anesthésiant sera dosé, quels produits seront utilisés, comment son corps va réagir à ces substances… Il arrive que dans certains cas, la péridurale n’agisse pas du tout, ou seulement d’un côté.

A noter également que la péridurale oblige la mère à rester allongée, position peu physiologique pour accoucher. Les conséquences sont un ralentissement du travail, une moindre ouverture du bassin, une pression plus forte sur le périnée, une compression des vaisseaux sanguins (d’où mauvaise alimentation en oxygène du fœtus), des douleurs dorsales (non perceptibles sur le moment mais qui vont rendre les jours suivants assez difficiles).

L’effet anesthésiant fait qu’elle ne peut plus contrôler les muscles de son utérus, d’où un ralentissement des contractions et des difficultés éventuelles d’engagement du fœtus : l’accouchement risque de se prolonger et des difficultés supplémentaires à l’expulsion peuvent survenir. Les muscles de sa vessie ne sont pas en reste (et la sonde urinaire n’est pas des plus confortables).

Mais le plus souvent, ce dont témoignent les mamans ayant subi une péridurale, c’est de leur l’amertume d’être passées à côté d’un grand moment de leur vie. Un grand nombre d’entre elles se renseignent alors sur les alternatives à la péridurale en prévision de leur prochaine grossesse.

Les effets sur bébé

Les analgésiques reçus par la mère au cours de l’accouchement ont un impact sur le comportement du nouveau-né. Peu d’études ont encore été faites sur les conséquences d’une péridurale pour le nourrisson, mais on estime que celui-ci reçoit une quantité non négligeable d’analgésique que son foie, encore immature, devra éliminer… Il a été constaté que la première tétée est retardée, les mouvements « mains à la bouche » sont plus lents, et les pleurs plus fréquents.

Voici quelques conséquences fréquentes de la péridurale :

- Les muscles pouvant être endormis par l’anesthésie, ils n’accompagneront pas le bébé au moment de l’expulsion, comme ils devraient le faire en temps normal. Le bébé est donc obligé de s’engager, se retourner et sortir tout seul, ce qui engendre souvent l’utilisation d’instruments pour l’aider au moment de l’expulsion (avec épisiotomie à la clé).

- Les anesthésiques induisent parfois une baisse de tension chez la maman et/ou une montée de fièvre, ce qui se répercute sur le bébé, qui voit alors ses besoins en oxygène s’accroître et son rythme cardiaque augmenter. De plus si la température du bébé est élevée à la naissance, celui-ci va subir de nombreux examens supplémentaires afin de vérifier l’absence d’infection.

- La péridurale augmente le recours à l’ocytocine, les forceps, la césarienne, augmentant par la même le risque de complications pour le bébé.

La meilleure solution pour éviter la péridurale reste une préparation à l’accouchement axée sur la gestion de la douleur, un libre choix de la position et un véritable soutien (pour une femme sous péridurale, l’accompagnement tient plus du suivi « technique et périodique »). Des méthodes alternatives existent : sophrologie, acupuncture, yoga, chant prénatal… A vous de choisir ce qui vous convient le mieux, ainsi que la personne (sage femme, doula) qui vous accompagnera, en toute confiance. Prenez le temps d’élaborer votre projet de naissance, et ne vous laissez pas imposer de pratiques dont vous doutez ou qui vous mettent mal à l’aise.

Cécile Van Lith

Naturopathe

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