Introduction à la diversification alimentaire

Introduction à la diversification alimentaire

Quelques conseils très simples afin d’amorcer en douceur le passage aux aliments solides. Quand sait-on que c’est le moment, à quoi faut-il être vigilant…

La diversification alimentaire est une étape plutôt délicate qui s’étale sur plusieurs mois : il faut être attentif à introduire les bons aliments au bon moment ! Système digestif, système immunitaire intestinal et enzymes n’étant pas totalement matures avant l’âge de 3 ans, il va falloir y aller doucement, un aliment à la fois.

Toutes les informations données ici le sont à titre indicatif : il n’y a pas de règle immuable en ce qui concerne la diversification. Il n’y a que des grandes lignes, relayées par le développement de bébé, sa personnalité, le mode alimentaire de ses parents et… tout leur amour.

Remplacer le lait maternel, aliment parfait pour bébé

Les six premiers mois, le lait maternel contient toutes les substances dont bébé a besoin, et il n’est nécessaire de commencer la diversification de son alimentation qu’à partir du sixième mois.

C’est à cet âge que les petits deviennent plus actifs, et que leurs besoins nutritifs augmentent. Sans compter que leur système digestif est mature et que leurs besoins en fer ne sont plus couverts par le lait maternel (jusque là, bébé avait ses propres réserves en fer).

Un bébé allaité devrait être nourri idéalement de lait maternel jusqu’à l’âge de 6 mois (même si certains pédiatres conseillent la diversification à partir de 4 mois). En effet, le nombre d’allergies alimentaires chez les enfants est en constante augmentation, notamment à cause des diversifications trop précoces. Il est généralement recommandé de commencer la diversification du bébé nourri au biberon plus précocement car le lait reconstitué est moins complet que le lait maternel (qui s’adapte et se modifie au fur et à mesure).

Dans tous les cas, il faudra éviter à tout prix les petits pots qui sont proposés dès les premiers mois !

Un nouveau-né a tendance à avoir souvent faim, il peut réclamer sans arrêt car dans le ventre de la mère, il était nourri en permanence et ne sait pas encore faire de réserves. C’est petit à petit que le volume des repas va évoluer et les prises alimentaire s’espacer…

Le bon moment

Pas facile de savoir exactement à quel moment se lancer ! Il suffit d’observer son petit, attendre tranquillement qu’il manifeste son désir de goûter autre chose que le lait maternel. Cela se passe souvent vers le milieu de la première année, mais cela peut tarder sans qu’on ait à s’en inquiéter, si l’enfant semble par ailleurs être en bonne santé.

Vers l’âge de six mois

  • L’appareil digestif a mûri et devient capable d’absorber toute une gamme d’aliments
  • la « barrière » de la muqueuse intestinale s’est développée, ce qui réduit les risques d’allergie alimentaire
  • le réflexe de succion a diminué, la sécrétion de salive augmente et aide l’enfant à avaler des aliments de consistance épaisse
  • la coordination musculaire s’est améliorée : la langue peut transférer à peu près les aliments solides de l’avant à l’arrière de la bouche
  • le contrôle des mouvements de la tête s’est amélioré, le bébé tient assis, peut se pencher en avant, détourner la tête pour dire qu’il n’a plus faim, il tient bien les objets entre le pouce et les autres doigts et peut les diriger vers sa bouche sans craindre de s’éborgner…
  • les dents commencent à apparaître.

A savoir qu’il n’y a aucun « timing » établi : chaque enfant pousse et évolue à son rythme. Il arrive que certains enfants soient prêts à passer aux aliments solides avant 6 mois : quand bébé semble avoir faim, ou quand sa prise de poids n’est pas aussi bonne qu’il serait souhaitable, il peut être raisonnable de commencer les solides. La percée des dents précoce, vers le 4ème mois, est aussi un bon indicateur.

Le plus souvent, le moment venu, on constate un changement d’attitude de la part de bébé : à table, il se montre bien plus intéressé par l’alimentation des « grands » et regarde les assiettes avec attention ! Il ouvre grand la bouche, on voit qu’il a envie… C’est à ce moment que les parents sentent qu’il est temps de le faire manger « comme un grand » en introduisant les aliments solides : fruits, légumes, céréales. Un monde de saveurs et de textures s’offre alors à bébé !

Rien ne presse !

Certains enfants mettent du temps à passer de l’alimentation liquide à l’alimentation solide. Il se peut que le réflexe de succion soit si fort que jusqu’au 6ème mois, la cuillère soit refusée. Dans ce cas, ne pas le presser.

Pour autant, si l’on ne fait pas le forcing, les solides peuvent rester longtemps des « à-côtés » du lait, qui complètent sans remplacer l’allaitement. Dans ce cas, la part la plus importante de l’alimentation sera toujours fournie par le lait, l’enfant se contentant d’explorer les aliments à son rythme, goûtant un fruit tel jour, mâchouillant une croûte de pain le lendemain. Et un jour, les solides prendront le pas sur le lait, naturellement, sans qu’on n’ait jamais eu besoin de se battre avec un bébé qui refuse de manger, sans batailles autour de la nourriture, sans longues préparations spéciales pour bébé ni achat de petits pots.

Là aussi, on aura respecté les besoins de l’enfant, son rythme de développement, lui donnant le sentiment d’être un individu maître de son corps, libre de choisir ses aliments et prêt à partager la table familiale.

Cette étape, aussi naturelle soit-elle, peut être vécue comme angoissante par certains parents qui revivent à travers elle de mauvais souvenirs. L’essentiel étant, à mon sens, de s’écouter, se faire confiance, et tout se passera bien… De la patience, de l’amour et des aliments de qualité : c’est gagné !

Passer du sein aux aliments solides

Un bébé allaité digère mieux et plus tôt les aliments solides qu’un enfant nourri au lait industriel, car le lait maternel contient des enzymes qui l’aident à digérer les graisses, les protéines et les féculents. De plus, les bébés allaités ont été exposés à une plus grande variété de sensations gustatives dans leur existence, puisque le goût de nombreux aliments consommés par la mère se transmet à son lait. Les bébés nourris au sein acceptent ainsi plus facilement les solides que les bébés nourris au lait artificiel.

 

Comment débuter la diversification ?

Quand un bébé commence à manger des solides, vers cinq ou six mois, le premier aliment ou l’ordre de présentation suivi n’a pas vraiment d’importance, tant que l’on reste dans la catégorie des aliments adaptés à cet âge.

Au départ, il est prudent d’éviter des aliments très épicés ou hautement allergènes (tels que le blanc d’œuf ou les fraises), mais si bébé tend la main vers une pomme de terre qui se trouve dans l’assiette d’un grand, s’assurer qu’elle n’est pas trop chaude, et laissez bébé la prendre.

Certains bébés exclusivement allaités n’aiment pas les bouillies de céréales lorsqu’elles sont proposées vers cinq ou six mois. Il n’y a pas raison de s’inquiéter ni d’insister si l’enfant ne veut pas de céréales. Les bouillies ne sont pas obligatoires. Il vaut mieux offrir à bébé les aliments qui l’intéressent.

Au début, laisser l’enfant apprécier la nourriture, sans vraiment s’inquiéter de la quantité exacte qu’il ingère. De toute façon, la plus grande partie risque de se retrouver dans ses cheveux ou par terre. Et garder toujours à l’esprit qu’un enfant respecte sa sensation de satiété. Si il a assez mangé, il arrête ! Le mieux est de rester décontracté, et nourrir bébé aux heures de repas familial.

Il n’est pas toujours justifié d’introduire les légumes avant les fruits. Le lait maternel est bien plus sucré que les fruits, il n’y a donc pas de raison de penser que bébé mangera mieux les légumes si l’on retarde l’introduction des fruits.

Respecter ce que bébé aime et n’aime pas. Il n’y a aucun aliment essentiel si ce n’est le lait maternel : si il n’aime pas un aliment, mieux vaut ne pas insister, attendre quelques semaines puis lui proposer de nouveau.

Aux environs de 8 mois, les bébés ont tendance à affirmer leur caractère. Il se peut que bébé ne veuille pas qu’on lui mette une cuillère dans la bouche. Il va sans doute la retirer des mains de son parent et la mettre lui-même dans sa bouche, souvent à l’envers, et les aliments vont lui tomber sur les genoux. Respecter ses tentatives d’indépendance, et encourager son apprentissage est la meilleure chose à faire !

Concrètement

La diversification alimentaire, ça commence comme ça : installer bébé sur ses genoux, le dos calé au creux du bras. Prendre un peu de compote ou de purée (ultra-tiède!) dans une petite cuillère (si possible en plastique souple, c’est moins froid que le métal), puis la glisser tout doucement entre ses lèvres (sans lui enfoncer au fond le bouche, il aurait un haut le cœur).

Inutile de lui proposer son repas à la cuillère s’il a très faim, il ne fera aucun effort pour manger ainsi et préfèrera engloutir son biberon d’une traite. Encore une fois, on ruse ! Lui donner la moitié de son biberon (il sera “à moitié” calé) puis compléter par quelques grammes de compote ! Et dans tous les cas, y aller “tout doux” au départ, sans se braquer si ça coince… Pas de panique : à 8 mois environ, bébé sera passé à quatre repas par jour, deux biberons à téter et deux vrais repas à la cuillère.

 

En cas d’allaitement prolongé

Quand un enfant commence les solides, sa mère se demande souvent s’il faut commencer par lui donner le sein ou les solides. Si l’allaitement et l’introduction des solides se passent bien tous les deux, ça n’a pas vraiment d’importance. Certaines mères préfèrent néanmoins donner le sein avant les aliments solides, car bébé doit continuer à boire exactement la même quantité de lait qu’auparavant, jusqu’à l’âge de 8 à 9 mois.

A noter qu’il n’est pas nécessaire de donner le sein ET des solides à chaque repas de bébé.

Les grandes règles de la diversification

Choisir les produits les plus naturels, frais, bio possible afin d’offrir à bébé la meilleure qualité, les vitamines, minéraux, oligo-éléments et protéines dont il a besoin. Il est préférable de préparer son repas juste avant de le lui donner : les produits frais favorisent la formation d’une bonne flore intestinale et du système immunitaire. Essayer de trouver chaque jour un moment à y consacrer…

Eviter les cuissons trop fortes qui détruisent les vitamines.

Ne pas commencer la diversification alimentaire par les fruits. L’enfant préférant naturellement ce qui est sucré, il risque de refuser de manger des légumes s’il commence d’abord par le sucré.

Vérifier que les aliments introduits ne provoquent aucun dérangement intestinal, et simplifier au maximum : un aliment à la fois et par semaine pour tester si bébé le supporte bien (par exemple, avant 1 an, pas de mélange de céréales, trop difficile à digérer).

Varier le moins possible la première année : saveur peu relevée et nourriture peu variée laissent le temps à l’organisme de bébé de développer un bon système immunitaire. Chaque changement le perturbe et risque d’occasionner difficultés digestives ou allergies… De plus, si on mélange tout, il aura du mal à s’y retrouver et à s’habituer aux nouveaux goûts !

Pourquoi ne pas tout noter sur un petit carnet : les aliments introduits et la réaction de bébé ?

On évite les principaux aliments à risque, à fort potentiel allergène : arachide, noisette, agrumes, blé (et dérivés) et céréales à gluten, soja (et dérivés).

Selon le mode d’alimentation des parents et la santé de l’enfant (troubles intestinaux, allergiques…), certains aliments ne sont pas donnés avant le premier anniversaire. C’est le cas des protéines animales : viande (dont volaille) et produits dérivés, poissons et produits dérivés, lait de vache et produits dérivés… Le régime des tous petits est bien souvent trop riche en protéines d’origine animale, qui surchargent leur organisme.

Ne pas assaisonner les plats de bébé, afin qu’il découvre les « vrais goûts ». Son alimentation doit avoir une saveur monotone afin d’accompagner la formation de son goût. Il ne se lassera pas du même aliment donné pendant plusieurs semaines !

L’attrait pour le sucré, salé ou épicé dépend pour beaucoup de l’alimentation de la maman durant la grossesse et l’allaitement

Garder son calme lors des premières tentatives, et tenter de donner la cuillère avant le sein ou le biberon. Si il est trop nerveux ou si il a très faim, donner un peu le sein avant de retenter la cuillère !

Certains enfants acceptent plus ou moins facilement la cuillère : il ne faut pas s’inquiéter si il ne semble pas pressé, ça va venir !

Privilégier les produits biologiques, qui contiennent moins de nitrates, pas de pesticides, plus de vitamines et minéraux… bref, mettre toutes les chances dans l’assiette de bébé pour lui proposer des produits frais et de grande qualité !

Pas de morceaux pour commencer ! Des consistances lisses et archi-lisses, voilà ce qu’il faut à bébé. Insistons encore sur ce point : la maturité de sa déglutition n’est pas encore au point et il faudra attendre ses 8 à 10 mois pour lui proposer quelques grumeaux dans sa purée. En attendant, dès l’apparition de ses premières incisives et toujours sous surveillance, lui donne à mâchouiller un petit bout de pain dur ou un boudoir de temps en temps. Il prendra l’habitude de malaxer la croûte dans sa bouche, puis de l’avaler, le plus naturellement du monde.

Le repas sera d’autant plus agréable pour bébé si vous l’ambiance est détendue. Si les parents sont angoissés à l’idée de proposer la cuillère pour la première fois à leur petit, ils doivent cacher leur votre anxiété derrière un joli sourire et lui parler de la saveur délicieuse des carottes qu’il va goûter. Penser à servir son repas dans une jolie assiette avec, pourquoi pas, un dessin coloré qui apparaît au fur et à mesure que bébé mange…

A chaque mois son aliment

Début de sevrage

  • Céréales sans gluten finement moules et cuites : riz, millet, sarrasin, amarante, quinoa, maïs
  • légumes crus ou cuits à l’étouffée : carotte, pomme de terre bouillie épluchée, chou-fleur, fenouil, courgette (épépinée sans peau), panais, tomate, jus de légumes crus, aromates frais et séchés
  • fruits crus ou cuits : avocat, pomme, banane, poire, melon, framboise
  • matières grasses : huiles végétales biologiques, vierges, première pression à froid. Colza, olive, sésame, cameline, tournesol… Purée d’oléagineux : sésame et amande
  • boissons non sucrées, sans nitrates et pauvres en sodium : eau de source ou faiblement minéralisée, infusions de plantes ou de fruits (fenouil, mauve, camomille…).

Diversification avancée

  • Céréales complètes, finement moulues et cuites : blé, épeautre, avoine, orge
  • légumes crus ou cuits à l’étouffée. Attention au poivron rouge (risque d’érythème fessier) et au chou rave (ballonnements)
  • légumineuses germées, cuites ou mixée, avec de la sarriette pour une meilleure digestion. Attendre de préférence le premier anniversaire pour les introduire
  • pour un bon apport en protéines végétales, associer les céréales aux légumineuses (voir le dossier les protéines végétales)
  • fruits : fraise et pêche à partir du 9ème mois
  • matières grasses : graisses animales telles que beurre
  • boissons : jus de fruits.

Il faut y aller doucement, pas plus d’un nouvel aliment à la fois. Sans trop tarder non plus : certains scientifiques pensent que cela pourrait entraîner des troubles du comportement alimentaire, et en particulier une néophobie : n’ayant pas été habitué à une grande variété d’aliments lorsqu’il était réceptif, l’enfant serait ensuite plus réfractaire à la découverte de nouveaux goûts.

Outre la progression « idéale » des aliments, la façon de procéder a son importance : on accompagne son enfant dans le développement de son goût, l’idée étant de l’encourager à goûter, essayer et pas de le forcer ! Il arrive qu’un aliment nouveau ne passe pas à la première présentation. C’est pourquoi il faut s’armer de patience et ne pas hésiter à revenir à la charge quelques semaines plus tard, pourquoi pas sous une forme différente (un légume vert refusé la première fois rencontrera-t-il peut-être un franc succès sous forme de purée mélangée à un autre légume, lui aussi en purée!). Oui, parfois il faudra savoir ruser…

On évite aussi les trop grosses cuillères (préférer de toutes petites cuillères adaptées : il existe des cuillères spéciales bébés, en silicone, elles sont souples et font une bonne transition entre la tétine -ou le sein- et les cuillères dures) et les gestes intrusifs : on approche la cuillère très près de sa bouche pour qu’il goûte, mais on lui laisse le « droit » de refuser, sans faire de commentaire négatif. On réessayera plus tard…C’est pourquoi les jours de grande fatigue ou de stress, on évitera l’introduction de nouveaux aliments !

Dans cette diversification, il est évident que le but est de faire découvrir le vrai goût des aliments, donc on ne sale pas, on ne sucre pas, on n’assaisonne pas. Ne connaissant pas le goût « modifié » des aliments, bébé va découvrir la vraie saveur des haricots verts, des carottes… (et puis il salera bien assez vite ! Dès 3 ans, la moitié des enfants dépassent les AJR –apports Journaliers Recommandés- en sel !)

Les grandes lignes à respecter, outre l’ordre d’introduction des aliments, sont la mesure en ce qui concerne les protéines et l’importance des acides gras.

  • Un régime trop riche en protéines (les premiers repas de bébé sont estimés être trois à quatre fois trop riches en protéines ! mais où sont les légumes ???) majore les futurs risques d’obésité
  • En ce qui concerne les acides gras, beaucoup d’enfants seraient en dessous des apports recommandés une fois l’allaitement terminé (le lait maternel contient 45% d’acides gras) : il ne faut pas hésiter à ajouter des huiles végétales (colza, cameline, huile de foie de morue riches en oméga 3, onagre, bourrache), du poisson gras, un peu de beurre dans les légumes… en étant vigilant à la qualité de ces acides gras !

Pour certains ingrédients, l’introduction doit être plus tardive encore : pas avant huit mois pour le gluten des céréales et dix mois pour les œufs (aliments à fort potentiel allergène !).

 

Brindilles