Journal d’une FIV – Partie 2 – (de Marie)

journal d'une F.I.V partie2Marie nous a livré un très joli récit de son expérience de la Fécondation In Vitro (FIV). Voici la deuxième partie.

Pour lire la première partie, vous pouvez vous rendre sur ce lien.

Je me souviens aussi être sortie de ce rendez-vous en état de choc. UNE FIV !!! j’avais moins de 30 ans, aucun examen approfondi n’avait été pratiqué sur moi ou sur mon conjoint et pour ce que j’en savais une fiv n’était pas une partie de pique-nique !

J’eus un fort sentiment de révolte et de colère envers un système médical qui utilise systématiquement un caterpillar pour tuer une mouche. J’étais aussi vexée que cette femme en qui j’avais mis ma confiance me renvoie d’un revers de main vers quelqu’un d’autre sans chercher à en savoir plus.

Je ne suis pas quelqu’un qui rue dans les brancards, j’ai plutôt l’esprit en escalier. Je sais quand quelque chose me choque me blesse, mais il me faut du temps pour savoir le dire. Cela ne m’empêche pas de bouillir intérieurement et de réagir à ma façon.

Je décidais donc que les médecins étaient des cons et que la chimie n’était pas le seul moyen de trouver des solutions à un problème d’infertilité. C’est à ce moment la que j’ai commencé a fréquenter une ostéopathe légèrement kinésiologue , que j’appelais ma sorcière, et que j’ai repris une psychothérapie vaguement entamée quelques années avant. Je ne sais plus si mes séances d’acuponctures ont commencé à ce moment là où plus tard.

La sorcière travaillait sur les énergies et me parlait beaucoup de mon utérus, l’acuponcteur stimulait je ne sais quoi et moi je réfléchissais.

Assez peu de temps après avoir décidé que je ferais mon chemin à ma façon je suis allée voir la gynéco N°2 ( je ne suis pas à une incohérence prêt j’ai bien voté Chirac en 2002). Je lui ai fait part de mes réticences à l’égard d’un traitement de choc et elle a convenu que c’était, en effet, prématuré.

A commencée alors une autre série d’examens pour moi et pour Alix.

 

Je vous conseille l’hystérographie : très agréable procédé qui permet de voir si vos trompes de Fallope laissent passer le liquide et d’en faire une radio. On vous allonge sur une table métallique munie de deux étriers, on écarte le col de votre utérus avec des pinces (ça va faire un peu mal qu’ils vous disent…) et ensuite on essaie de faire passer un cathéter pour injecter un liquide opacifiant dans vos trompes. Bilan de l’opération, 45 minutes sur la table pinces en place et deux jours de saignement. Une amie m’a dit qu’elle avait eu des contractions pendant deux jours après cet examen. Évidemment personne ne vous prévient de ce genre de petits détails.

Parallèlement à ces investigations je continuais mon traitement hormonal au Clomid.

 

À la fin de l’été de cette année là, j’avais une grosse boule dans le sein gauche. Détail intéressant ma mère sortait d’un cancer du sein et je venais d’être classé « personne a risque ». Petite période de stress je dois l’admettre…

Finalement après une biopsie on s’aperçut que ce n’était pas cancéreux mais au vu de mes antécédents on me conseillait de ne pas jouer avec le feu.

Je ne sais pas si c’est moi qui ai du mal à comprendre ou si les médecins ne sont pas clairs, toujours est il que personne n’a pu me dire si cela était lié à mon traitement hormonal ou pas et si me lancer dans un processus de PMA pouvait comporter un risque pour moi. Le seul point qui faisait l’unanimité était : il faut opérer. On opéra donc.

 

J’avais évidemment arrêté tout traitement durant cette petite aventure.

Au rendez-vous suivant chez Gyneco N°2 je m’attendais à pouvoir envisager une adaptation à mon traitement. Je n’avais pas envie de renoncer, mais je souhaitais changer de stratégie. Réponse enfarinée de la dame : puisque ça ne marche pas on va doubler les doses…

Moi : mais je ne risque pas d’avoir d’autres problèmes ?

Elle : ah c’est sûr qu’avec ce genre de traitement on embête vos seins…

Moi : …

Elle :…

Moi : on ne peut pas essayer autre chose ?

Elle : et bien ce n’est pas si simple. Car pour entrer dans un protocole de PMA il faut du temps, car il faut prouver votre infertilité faire un dossier de demande de prise en charge et puis comme vous n’avez rien d’anormal…

Mais tentons encore quelques cycles avec du Clomid et puis on verra….Je verrais.

Moi : gloup..arg ..et de bouillir mais en silence.

Là c’était trop. Fin de ma relation avec gyneco N°2.

Je sais que toutes les femmes ou plutôt, tous les couples en situation d’infertilité ( oui on ne dit plus stérilité on dit infertilité ..) sont passés par tous ces tâtonnements et ces déceptions. Je suis également consciente qu’il faut du temps pour faire peu a peu le deuil de sa capacité à enfanter naturellement. Tout cela est un processus très personnel surtout lorsqu’on n’obtient aucune réponse de la médecine. Mais j’avais dans l’idée , a l’époque , que l’on pouvait être accompagné dans ce chemin ou au moins écouté.

Ben non madame : moi je suis médecin j’ai un jeu de 36 cartes dans les mains, on m’a appris a me servir de celles là et cela me suffit.

 

Après ça il y a eu une période où tout en continuant mes propres démarches j’ai pris un peu de distance avec la médecine traditionnelle.

 

Je pensais, et je le pense encore, que pour faire un enfant il faut être trois. Un homme une femme et puis il faut que le bébé décide de venir, de s’incarner. Et pour que cela soit possible il faut lui faire de la place.

En un mot : «Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les enfants de la vie appelés à elle-même ».

Il me semble que les blocages sont souvent psychologiques, liés à notre histoire, notre passé. Je pense aussi qu’à forcer la nature on se nie en tant qu’être humain, qu’on est en désaccord parfait avec le cheminement naturel qui peut vous amener à être parents.

 

Nous connaissons tous des histoires de femmes qui après des années de stérilité tombent enceinte juste après avoir adopté un enfant.

Ce chemin, il se fait dans le corps et dans la tête. Le seul problème c’est que parfois c’est un peu long, et que l’on peut prendre conscience de tonnes de choses mais le corps peut mettre du temps à intégrer les nouvelles données.

Le temps passe, et soit on a une confiance infinie en sa capacité a grandir et a comprendre, soit on transige.

Il m’a fallu du temps, mais un jour après une énième discussion avec une de mes amies j’ai décidé de prendre rendez vous a l’hôpital au service PMA du CHU de Montpellier.

A suivre ! Merci Marie !

Brindilles