La diversification alimentaire à 6 mois

La diversification alimentaire à 6 mois

Ca y est, la diversification commence ! Afin d’éviter casse-tête et interrogations sans fin, voici quelques conseils pour introduire les bons aliments, au bon moment…

Toutes les informations données ici le sont à titre indicatif : il n’y a pas de règle immuable en ce qui concerne la diversification. Il n’y a que des grandes lignes, relayées par le développement de bébé, sa personnalité, le mode alimentaire de ses parents et… tout leur amour.

La diversification peut commencer entre 4 et 6 mois chez certains enfants. Les pédiatres et allergologues conseillent d’attendre l’âge de 6 mois pour introduire les aliments solides (afin d’éviter les allergies notamment) mais sur les conseils du médecin, on peut commencer quelques semaines plus tôt.

Les enfants dont les dents ont commencé à percer, ceux ne prenant pas assez de poids, ou encore ceux qui essayent tout simplement de chiper dans l’assiette des « grands » sont probablement prêts !

Physiologiquement, vers 5 à 6 mois

L’appareil digestif a mûri, devenant capable d’absorber toute une gamme d’aliments, et la « barrière » de la muqueuse intestinale s’est développée, ce qui réduit les risques d’allergie alimentaire.

Le réflexe de succion a diminué, la sécrétion de salive augmente et aide l’enfant à avaler des aliments de consistance épaisse.

La coordination musculaire s’est améliorée : la langue peut transférer à peu près les aliments solides de l’avant à l’arrière de la bouche et bébé peut déglutir.

Le contrôle des mouvements de la tête s’est amélioré, bébé tient assis, peut se pencher en avant, détourner la tête pour dire qu’il n’a plus faim, il tient bien les objets entre le pouce et les autres doigts et peut les diriger vers sa bouche sans craindre de s’éborgner…

Ses dents commencent à apparaître.

A cette période, bébé commence à manifester son désir de se nourrir différemment. En général, il peut se tenir assis avec de l’aide et garder un aliment dans sa bouche. Parfois, il mâchonne tout ce qui se trouve à sa portée, bave et ouvre la bouche à table en regardant les autres manger et donne des signes de faim après la tétée.

Une fois la décision de le sevrer prise, fixer une heure de repas pendant laquelle bébé recevra toute l’attention de ses parents. Certains bébés ont plus faim le soir, d’autres le matin.

Au début, lui présenter de très petites quantités à la cuillère. Il ne faut pas le brusquer, l’introduction d’un nouvel aliment ne se fait pas en un jour mais s’étale dans le temps. Certains bébés mangent ce qu’on leur offre et attendent la suite. D’autres n’aiment pas le contact de la cuillère dans la bouche. On peut alors commencer à lui faire goûter avec son doigt.

Il est conseillé de lui présenter un seul aliment nouveau à la fois pour lui faire découvrir le vrai goût de chaque aliment et détecter une éventuelle intolérance : surveiller de près sa digestion et ses couches !

Chaque jour, proposer à bébé quelques petites cuillerées après la tétée ou le biberon, s’il semble avoir encore faim.

-2 semaines plus tard, proposer un deuxième repas à la cuillère dans la journée.

-si l’expérience se révèle concluante, fixer un troisième repas 2 semaines plus tard.

Les aliments idéaux pour commencer

Les premiers aliments solides proposés à bébé sont en général les farines de céréales sans gluten (on trouve des farines de céréales germées, très bien tolérées), les légumes, les fruits, les protéines et les produits laitiers. Cependant, il faut savoir que cet ordre varie selon les coutumes et les cultures. La principale règle à respecter est de n’offrir qu’un seul aliment nouveau à la fois, de ne pas le mélanger avec d’autres, et de choisir des aliments nutritifs et variés.

Les céréales sans gluten

Finement moulues et cuites, vous pourrez opter pour le riz, le millet, le sarrasin, l’amarante ou le quinoa.

Vous pouvez également opter pour des céréales spécialement conçues pour bébés.

Le riz est particulièrement indiqué : riche en protéines végétales et en vitamine B, le riz biologique est cultivé sans pesticides chimiques.

Les céréales lui assureront de l’amidon, des vitamines et d’autres minéraux (dont du fer pour certaines préparations spéciales bébé). Enfin, elles lui fourniront des calories supplémentaires.

Choisir autant que possible des céréales à grain complet ou semi complet. On peut commencer par le riz et le millet.

Inutile de rajouter du sucre avec les céréales. Et vérifier l’étiquette pour vérifier qu’elles ne contiennent pas de sucre (parfois caché sous un autre nom : dextrose, maltose, sucrose, polymères de glucose, fructose, sirop, miel…).

Commencer par 3 ml à 5 ml (de ½ à 1 cuillère à café) après la tétée, 1 ou 2 fois par jour. Augmenter peu à peu la quantité.

Les légumes

Riches en glucides, sels minéraux, oligo-éléments, vitamines, antioxydants, fibres, les légumes et les fruits constituent la base de la diversification alimentaire.

On peut commencer par les légumes les plus doux, qui sont les légumes jaunes ou orange : par exemple, la carotte, la courge et la patate douce.

Toutefois, en raison de la teneur en nitrates des carottes, il est préférable de jeter l’eau de leur cuisson et diluer les purées avec de l’eau fraîche (pas celle de cuisson), jusqu’à ce que bébé ait atteint l’âge de 9 mois. Les « légumes racine » du type carotte, chou rave, betterave… ou encore les épinards, la laitue romaine sont particulièrement chargés en nitrates. Préférez le bio afin de limiter les toxiques, et jetez l’eau de cuisson dans laquelle ils se concentrent.

Intégrez ensuite les légumes verts dans son menu, comme la courgette, les haricots verts et les pois verts. Plus tard (vers 9 mois) viendront chou-fleur, brocoli, asperge, pomme de terre, maïs, chou de Bruxelles, l’avocat, etc.

La betterave, le navet et les épinards sont des légumes qui contiennent plus de nitrates que les autres; on les donnera en dernier, sans jamais utiliser l’eau de leur cuisson pour diluer les purées.

Commencer par 3 à 5 ml (1/2 à 1 cuillère à café) après la tétée, au déjeuner et au dîner. Peu à peu, augmenter la quantité jusqu’à atteindre de 60 à 90 ml (4 à 6 cuillères à table par jour) à la fin de sa première année.

 

Attention au micro-ondes : Outre les débats sur sa totale innocuité, il réchauffe toujours les aliments de façon inégale. Les purées, par exemple, peuvent être froides à certains endroits et brûlantes à d’autres. Il faut donc bien prendre soin de remuer tous les repas chauds de bébé et de les goûter avant de les lui servir.

Les fruits

Commencer par des fruits bien mûrs : pomme, poire, pêche ou banane (cette dernière n’a pas besoin d’être cuite : elle peut être écrasée à la fourchette).

Lui faire découvrir un fruit à la fois; après quelques jours, lui en présenter un autre. Quand il aura goûté aux fruits séparément, on peut alors les mélanger.

Lorsque bébé aura autour de 9 mois, on lui proposera d’autres fruits : de la prune, de l’abricot, de la nectarine, etc.

On ne rajoute pas de sucre aux compotes !

Les jus de fruits ne sont pas nécessaires pour un enfant qui mange des fruits : ils sont trop pauvres en fibres et trop sucrés pour avoir un réel intérêt. Limiter à 60 ml par jour, dilué avec de l’eau, afin de ne pas lui couper l’appétit.

Commencer par 3 à 5 ml (1/2 à 1 cuillères à café) d’un fruit en purée au dîner et au souper, après les céréales et les légumes. Peu à peu, augmenter la quantité jusqu’à atteindre 60 à 90 ml (4 à 6 cuillères à soupe par jour) à la fin de sa première année.

Les fruits ou légumes doivent être mixés de façon à obtenir une texture lisse et cuits à la vapeur de façon à conserver les vitamines.

Au tout début de la diversification (4 à 6 mois), les mixer très finement et les mélanger à son biberon, ou les donner à la cuillère.

Les protéines

L’âge de l’introduction des protéines (viande, poisson, œuf, fromage, yaourt ainsi que légumineuses et tofu…) varie selon les parents, le conseil des pédiatres… Si certains décident d’en proposer à bébé dès 6 mois, d’autres préfèrent patienter encore quelques mois (jusqu’à un an pour certains). Les protéines ont tendance à être acidifiantes, allergisantes pour certaines, à favoriser le surpoids par la suite et à surcharger les reins de bébé.

L’ajout de protéines doit se faire progressivement et en très petites quantités. Les protéines étant très acidifiantes, il faudra impérativement les accompagner de légumes verts et/ou de purée de pomme de terre (qui sont des aliments basifiants).

Tout comme pour les autres catégories d’aliments, bébé a besoin de plusieurs jours pour apprécier un nouvel aliment. Il est donc conseillé d’attendre 3 jours avant d’intégrer un nouvel aliment dans son menu. Ainsi, s’il présente une allergie, il sera plus facile d’en trouver la cause.

La viande

Vous pouvez commencer par les viandes maigres type poulet fermier, dinde, mouton, cuites et bouillies dans l’eau.

Servez-lui la viande sous forme de purée lisse jusqu’à ce qu’il ait 9 mois, car il la trouvera difficile à mastiquer. Après, on peut lui servir de la viande hachée finement, puis coupée en petits morceaux.

Oubliez les viandes grillées ou cuites dans du gras, les viandes épicées, les saucisses et les charcuteries (jambon, salami). Ces aliments contiennent beaucoup trop de gras, de sel, d’épices, de nitrates et d’autres additifs, ingrédients nuisibles à l’enfant.

Commencez par ½ à 1 cuillère à café le midi, puis augmenter progressivement 15g de viande ou poisson cuit soit 2 cuillères à café par jour suffiront. Certains conseillent même de limiter à 20g, deux fois par semaine.

Le poisson

Quelques semaines après avoir offert de la viande à bébé, on peut passer au poisson (sauf en cas de terrain familial allergique : on attendra alors son premier anniversaire par prudence). C’est une excellente source d’acides gras essentiels.

Proposez-lui des poissons tels que l’aiglefin, le flétan, la morue, la sole, le turbot; ou encore de la truite, de l’éperlan…

Évitez les poissons chargés en polluants, comme l’espadon, le requin, le thon, l’achigan, le brochet…

Si bébé a déjà fait des allergies ou si certains membres de la famille sont concernés :

-Pour thon et le saumon en conserve : attendre qu’il ait 2 ans

-Pour les autres poissons : attendre qu’il ait 3 ans

-Pour les crustacés (crevettes, crabe, homard, etc.), connus pour causer des allergies. Les éviter jusqu’à ses 1 an, voire ses 4 ans s’il y a des personnes qui y sont allergiques dans le famille.

L’œuf

D’autant plus si bébé mange peu de viande, on peut lui proposer du jaune d’œuf (source de vitamine B12 et de fer) au repas de midi, et cela à partir de 10 mois. Attendre son premier anniversaire, voire ses 18 mois, pour introduire le blanc d’œuf (très allergène).

Commencer par 1 cuillère à café (5 ml), puis augmenter cette quantité jusqu’à lui donner environ 3 jaunes par semaine.

Les légumineuses

C’est une grande source de protéines, elles peuvent donc remplacer la viande. On peut les introduire à partir de 9 à 10 mois..

Préférez-les germées en tout début de diversification : elle seront ainsi plus digestes (on les fait pré-germer avant la cuisson).

Faites-les tremper longuement avant cuisson.

Ajoutez de la sarriette à l’eau de cuisson pour améliorer leur digestibilité.

Mixez-les.

Proposez des pois chiches, des lentilles et des haricots à bébé. Bien cuits, ils sont tout aussi délicieux en purée ou écrasés à la fourchette. Les lentilles rouges ou corail s’écrasent plus facilement en purée. Une portion équivaut à 30 à 60 ml (de 2 à 4 cuillères à café).

Surveillez la réaction de bébé : si il a des gaz et qu’il les tolère mal, diminuer la quantité ou attendre quelques temps avant de lui reproposer.

Attention avec les enfants à fort potentiel allergique : attendez 18 mois pour les légumineuses.

Certains parents végétariens n’hésitent pas à supprimer la viande en faisant les bonnes associations de protéines végétales :

Les bonnes associations sources de protéines végétales

  • Céréales et oléagineux : exemple farine de riz ou de millet + purée d’amande ou de sésame. 
  • Céréales et graines germées. 
  • Céréales et légumineuses. 
  • Quinoa et amarante sont de très bonnes sources de protéines également.

Les boissons

Le bébé garde un apport en lait (maternel ou infantile). En général 3 biberons vers l’âge de 6 mois, lors du démarrage de la diversification, puis de moins en moins.

Des boissons non sucrées, sans nitrates et pauvres en sodium : eau de source ou faiblement minéralisée, infusions de plantes ou de fruits (fenouil, mauve, camomille…)

Jus de fruits en petite quantité et toujours coupés avec de l’eau.

Ne pas donner de lait de vache tel quel, trop riche en protéines et en graisses. Lui préférer des laits infantiles.

Il est possible d’alterner ou remplacer les laits infantiles par des laits végétaux : châtaigne, riz (attention, peut constiper légèrement) puis amande etc…

Les aliments à éviter en début de diversification (voire la première année)

  • Les céréales à gluten : seigle (difficile à digérer), blé (risques d’allergies), épeautre, blé dur et produits à base de farine. 
  • Les légumes : poivrons jaunes et verts, épinards, légumes riches en nitrates (laitue, radis, radis, oseille). 
  • Les fruits : agrumes et fruits exotiques (noix de coco, papaye, kiwi, mangue…)-Les matières grasses : margarine, huiles chauffées. 
  • Les protéines animales : porc et bœuf, gibier (riche en métaux lourds), volailles congelées (risque de salmonelles), viande grillée, charcuterie, lait de vache, fromage, yaourt, blanc d’œuf). 
  • Sucres : sucre, édulcorants, sucres alternatifs, miel. 
  • Boissons : boissons sucrées, jus de fruits purs, chocolat. 
  • Divers : sel, épices, aliments rôtis, frits ou grillés, noisettes et cacahuètes.
Brindilles