La Princesse Diana a accouché de William debout pendant que Charles la soutenait

La Princesse Diana a accouché de William debout pendant que Charles la soutenait

La Princesse Diana a accouché de William debout pendant que Charles la soutenait, raconte SHEILA KITZINGER, militante pour l’accouchement naturel, et consultante pour les accouchements royaux.

Par Sheila Kitzinger pour The Daily Mail

[traduction non officielle par Brindilles.fr]

Sheila Kitzinger était l’écrivaine militante de l’accouchement naturel qui a « enseigné aux femmes Britanniques comment donner la vie ». Plusieurs générations de mères ont suivi ses conseils incontournables. Ici, dans des mémoires publiés peu avant sa mort en Avril 2015, à l’âge de 86 ans, elle nous dévoile son histoire de vie, coloré, charmant et excentrique.

 

Quand je suis née en 1929 – à Taunton, Somerset [UK] – l’accouchement était une histoire naturelle. Les femmes donnaient naissance à la maison donc sur leur propre territoire, même si le médecin de famille et infirmière était généralement présents.

On n’attendait pas des femmes de rester sur un lit non plus. Ma propre mère se rappelle avoir accroché une serviette sur le haut de la porte de sa chambre afin de pouvoir tirer dessus, debout pendant la deuxième phase de ce qui s’est avéré être un accouchement difficile.

Puis tout a changé. Dans les années soixante, l’accouchement à l’Américaine – dominé par des obstétriciens qui s’attendait à ce que les femmes se comportent en enfants sages – a commencé à coloniser le reste du monde. Dès le début des années quatre-vingt, on s’attendait de la plupart des femmes d’accoucher sur un lit et d’accepter tous les médicaments qu’on leur proposait.

Le résultat c’est que les accouchements aujourd’hui sont trop souvent abordés comme une urgence médicale. Les obstétriciens gèrent activement le travail de l’accouchement avec une technologie sophistiqué, voir même par une césarien volontaire.

Il est de mon avis que, sauf pour une minorité infime de femmes, l’accouchement n’a pas besoin et ne devrait pas se passer ainsi ; et que le fait de transformer l’acte d’engendrer une nouvelle vie en un processus, où la femme est transformée en patiente passive plutôt que donneuse de vie active, n’a pas seulement un effet dégradant sur la femme mais que ça rend également plus dangereux les accouchements.

Diana, son Altesse royale la princesse de Galles, beaucoup critiqué par certains, a contribué à réclamer l’accouchement pour les femmes. Elle a donné un coup de pied radical, lançant des changements dans des hôpitaux.

Lors de sa grossesse avec le Prince William, on m’a demandé de conseiller l’aile privé « Lindo » de l’hôpital St Mary’s, à Londres, sur le type d’équipement qu’il lui faudra pour un accouchement en position debout.

J’ai dit que Charles avait l’air suffisamment costaud pour la soutenir. Et c’est comme ça que c’est passé. C’était le premier accouchement royal active – en contraste total avec la remarque de la Reine que, avec l’anesthésie moderne, donner naissance été devenu « un endormissement puis un oubli ». En 2013, le Prince William et sa femme ont choisi le même hôpital. En utilisant l’autohypnose, Kate a pu vivre la naissance du Prince George en tant que processus spontané pour lequel le corps d’une femme est parfaitement équipé.

Il y a un demi-siècle, les hommes n’étaient souvent pas présents avec leurs partenaires lors des naissances et les femmes n’avaient ni le droit ni les connaissances pour faire des choix éclairés. L’accouchement était une histoire domestique tandis que les hommes géraient le monde.

Durant les dernier 40 ans, il est sorti de ces confins et est devenu un sujet politique qui nous affecte tous. Ceci grâce à des actions énergétiques de femmes, et certains hommes exceptionnels, qui se sont dévoués pour apporter des changements positifs aux méthodes d’accouchement.

Je fais partie de ces femmes.

J’ai eu une enfance assez atypique. Ma mère était une femme remarquable – une sage-femme, féministe pionnière, pacifiste et croyante engagée dans l’équité raciale. Elle a également participé à l’établissement d’un des premières cliniques de planning familial dans le Sud-Ouest [de l’Angleterre].

Mon père, Alex, l’aimait et l’admiré donc il l’a simplement accompagné dans tout ce qu’elle croyait.

Elle était devenue un pacifiste engagé après le mort de son frère, lors de la première guerre mondial, donc beaucoup de mes premiers souvenirs tournent autour des rassemblements pour la paix. L’onze Novembre nous rendions hommage à tous ceux qui étaient morts pour leur Pays – mais nous portions des coquelicots blancs [plutôt que rouges] pour indiquer que nous étions opposants à toutes les guerres.

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[Pendant mes études] je louais une chambre à une femme de la Société religieuse des Amis (Quaker), Mme Weatherhead. Je l’ai croisé une fois dans la cuisine en train de préparer des gâteaux ; elle tirait très efficacement son propre lait directement dans le mélange. Elle m’expliquait qu’elle en avait beaucoup et qu’elle ne voulait pas le gaspiller. Les gâteaux avaient un gout merveilleusement sucré.

Lors de ma première année [à la fac], j’ai découvert le sexe. Yatti était un bouddhiste de Sri Lanka. Nous faisions l’amour et le curry dans sa piaule à l’angle de la rue St John’s. Avec les étoiles aux yeux, je n’ai jamais pensé à de la contraception.

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Lorsque je me suis rendu compte que j’étais enceinte, il me semblait évident que Yatti allait me demander en mariage. Il ne l’a pas fait. Sa famille, de la haute caste des Brahmines, m’aurait rejetée en tant qu’être grossement inférieure. Et comme sa fidélité à sa famille était primordiale, il m’a tourné le dos. Je suis rentrée à la fin du trimestre pour informer ma Mère, en imaginant que j’allais m’installer vivre dans une caravane, au milieu des champs, avec mon bébé.

Après une discussion sur la réalité, elle a organisé un avortement illégal qui a été fait avec adresse, tact et compréhension, dans ma propre chambre, par un ami à elle obstétricien. Mon père, qui était vendeur de textiles, était présent.

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J’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari, à bord d’un avion. J’étais encore étudiant et avais décidé de travailler l’été aux États-Unis. L’homme à côté de moi, j’ai appris, était le président de l’union étudiant des débats à Oxford.

Nous avons beaucoup discuté, mais les mouvements de l’avion l’ont vite rendu malade. Il a vomi – plutôt discrètement – jusqu’à notre arrivé à New York.

[Uwe Kitzinger] a comme même réussi à me courtiser de manière assez détendu. […] Nous nous sommes enfin mariés en 1952.

[…] Deux ans plus tard, j’ai eu une fausse couche. La seule chose à faire c’était de l’accepter et rester au lit à lire des romans.

Uwe, à cette époque, était souvent en voyage, me laissant là où nous étions basés à ce moment-là donc notre relation restait fraiche. Nous n’étions pas un couple à s’installer dans le « traintrain ».

J’étais à Strasbourg lorsque je me préparais à donner naissance pour la première fois en 1956. En tant de « femme de diplomate », je me sentais sous pressions d’être conforme. Mais lorsque j’ai visité les deux hôpitaux possibles, j’étais horrifiée de découvrir que les femmes devaient suivre des instructions et accepter tous ce qu’on leur proposait.

L’hôpital Catholique avait même une table d’accouchement haut et plat en face d’une peinture énorme du Christ, avec du sang qui jaillissait de ses blessures. Le message pour les mères était : « Vous souffrez d’un douleur incroyable mais le Christ a souffert une agonie supérieure. Endurez votre douleur dans un esprit de Christ. Il n’y a pas d’issu. Ceci est votre croix.”

La solution, j’ai décidé, était d’accoucher à la maison avec une sage-femme qui savait aider les femmes faire leur travail aussi spontanément possible. Des amis me disaient que je me comportais en « paysanne »

J’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’accouchement. J’étais convaincue que je pourrais le faire à ma façon, à mon rythme. J’avais hâte !

Lorsque j’ai commencé le travail, je suis allée directement dans le bain et suis restée tremper dans le bonheur, dans l’eau tiède. C’était bien avant la mode des accouchements dans l’eau. J’exultais. C’était comme sauter dans une rivière et me rendre compte que, finalement je savais nager. J’allais y arriver ! Il n’y avait rien d’inconnu ; rien que je ne saurais pas gérer.

Une fois sortie du bain, j’ai aidé Uwe préparer la chambre, Nous avons préparé le lit, fait bouillir de l’eau et appelé la sage-femme. Puis, accroché à un pied de table, je me suis accroupie, me balançant et roulant mes hanches à chaque contraction.

Je n’avais jamais été bon en sport à l’école, pourtant en travaillant avec mon corps, j’étais capable de danser mon chemin à travers le travail. Je me suis dit d’un coup : « Super ! Ça c’est un sport que je sais faire ! ».

Quand la sage-femme est arrivée, elle m’a demandé de pousser. Pousser ? Je n’avais pas envie de pousser mais elle a menacé de me couper si je ne le faisais pas donc j’ai pris une grande respiration. Le bébé, que nous avons nommé Celia, était magnifique. L’accouchement avait duré trois heures.

C’était le début de mon engagement dans la compréhension des rythmes spontanés et naturels de la deuxième phase du travail de l’accouchement ; et dans l’apprentissage de comment les femmes peuvent accoucher sans combattre contre leur corps – et le faire sans blessures.

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Quand Celia avait neuf mois, je me suis retrouvée de nouveau enceinte. Six semaines avant la naissance, mon médecin examinant mon ventre remarque « je crois que je sens deux têtes ».

Je croyais d’abord que mon bébé avait deux têtes puis je me suis rendu compte ce qu’elle me disait. Ça m’a mis plus d’une semaine pour récupérer du choque.

Maintenant que j’allais accoucher de jumeaux, je savais qu’on allait attendre de moi d’accoucher dans un grand hôpital universitaire. Sauf que, quand je me suis rendue dans la maternité, les femmes étaient étalées sur des tables d’examens dans des cabines ouvertes, comme des carcasses de viande. Je n’allais pas donner vie à mes bébés dans cet endroit si j’avais mon mot à dire. C’était mon corps, mon accouchement, mes bébés.

A cette époque je donnais déjà des cours d’accouchement pour l’organisme qui allait devenir le National Childbirth Trust [le principal organisme Parent/Enfant en Angleterre]. Si moi-même je n’organisais pas l’accouchement de mes bébés, comment je pouvais l’enseigner à d’autres femmes ?

Le travail a commencé à la maison durant la nuit. Pendant que j’attendais l’arrivée de la sage-femme, je me suis concentrée simplement sur les resserrements rythmiques dans mon corps ; comme les vagues de l’océan. Le premier bébé a été attrapé par la sage-femme et enroulé dans du coton (elle n’avait pas eu le temps d’ouvrir sa mallette). Puis j’ai senti un coup dans le bas de mon dos et le deuxième bébé est descendu. Ça ne faisait que deux heures depuis mon réveil.

[….]

Les jumelles, Tess et Nell, sont nées un dimanche et le jeudi suivant mes élèves ont été accueillis à leur cours par deux bébés à la place de mon gros ventre.

Deux ans plus tard, j’ai eu une quatrième fille, Polly, après un travail douloureux et triomphal de 40 minutes.

Après, j’ai décidé d’écrire sur les joies de la naissance et comment travailler avec les contractions qui balaient le corps. Douloureuse certes, elles sont également excitantes : un peu comme le surf. Je me suis demandé pourquoi toutes les femmes ne pourront vivre cette exhalation également. Pourquoi aborder l’accouchement comme un accident de la route ?

Six semaines plus tard, avec Polly au sein, tôt les matins, j’ai commencé à écrire « The Experience Of Childbirth » [l’expérience de l’accouchement]. […] Le livre a été vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Tiré des mémoires “A Passion For Birth” [un passion pour la naissance] de Sheila Kitzinger © 2015, édité par Pinter & Martin.

Brindilles