L’angoisse du 8ème mois

Cette étape est essentielle dans « l’élaboration de soi » de bébé, un moment clé de la différenciation entre l’enfant et sa mère.

On voit cette période débuter lorsque son bébé, d’habitude tout sourire et social, devient craintif et très intimidé avec les inconnus. Vous ne pouvez plus le confier à d’autres bras sans qu’il pleure ou crie. Il fait des cauchemars et se réveille en pleurant. Il a peur de vous quitter, de vous perdre et ne supporte donc pas vos absences même de quelques secondes.

Cette peur s’explique très bien : vous êtes son repère bien-être, c’est vous qui lui apportez sécurité, douceur, repas, câlins et consolations. Il est dans l’incapacité de comprendre que vous vous absentez seulement un instant. Il n’a ni la notion du temps (donc de quand maman ou papa reviendront) ni la capacité de se souvenir que c’est déjà arrivé. Pour lui, ce qui n’est pas dans son champ de vision n’existe pas…

Sans oublier qu’il réalise que vous et lui ne faites pas qu’un : après la symbiose des premiers temps, votre enfant commence à réaliser que vous êtes un être indépendant de lui.

Ainsi, il a besoin de s’assurer sans cesse de votre attachement et de votre présence.

Comment l’aider à passer ce cap :

  • Porter son enfant dès qu’il en ressent le besoin afin de le rassurer. 
  • Pratiquer le cododo (dormir avec son enfant) si vous le souhaitez. 
  • Lors du retour au travail et des premières journées de séparation, laisser un vêtement imbibé de votre odeur, cela lui permettra de ne pas se sentir totalement sans vous. 
  • Au moment de lui dire « au revoir », lui expliquer où on va, ce qu’on va y faire et combien de temps. 
  • Eviter les séparations brusques ou prolongées durant ce cap difficile. Si malgré tout cela doit se produire (changement de nounou, entrée à la crèche), lui laisser le temps de s’adapter et lui expliquer la situation afin de le rassurer : au début, rester avec lui les premiers jours, le temps qu’il s’habitue, puis réduire le temps de présence au fur et à mesure. 
  • Tout comme il lui faut un temps d’adaptation à son arrivée dans un endroit, il lui faudra un temps d’adaptation lors de son retour à la maison : si en allant le chercher, ses parents s’étonnent de ne pas le voir sauter dans leurs bras, pas de panique il ne boude pas ! Le laisser venir de lui-même. 
  • Ne jamais le forcer à embrasser ou aller dans les bras de quelqu’un qu’il ne connaît pas (ou peu), si il n’en a pas envie. 
  • Ne jamais se moquer de ses pleurs mais les respecter, les écouter. 
  • Ne surtout pas « disparaître » en douce, pendant qu’il dort par exemple ! A son réveil, bébé croira qu’il a vraiment été abandonné et il risque de s’agripper d’autant plus à ses parents par la suite, de peur qu’elle se volatilise à nouveau sans prévenir ! 
  • L’aider à prendre conscience que même hors de sa vue, les personnes continuent d’exister. Pour cela, jouer à cache-cache derrière une porte, un livre, un meuble, une peluche… 

A l’issue de cette période difficile à vivre pour lui, bébé aura franchi un grand pas vers son autonomie.

Brindilles