Le baby blues de papa

Le « baby blues » est gĂ©nĂ©ralement attribuĂ© aux mamans, mais il arrive que les pères soient eux aussi concernĂ©s par cette pĂ©riode dĂ©licate. Entre nouvelles responsabilitĂ©s et perte de repères, devenir papa n’est pas forcĂ©ment chose facile.

Quels en sont les symptĂ´mes ?

Le jeune père change peu à peu de comportement : le stress devient ingérable, il s’emporte pour des broutilles, perd l’appétit, ne rit plus beaucoup, dort mal bien que fatigué, ne supporte plus les pleurs de son petit…

Son manque de confiance en lui le conduit à se considérer comme un mauvais père, et il culpabilise à l’idée de ne « pas aimer son bébé comme il le devrait ».

Cette période difficile pour les pères, trop ignorés par le corps médical, fait que cette forme de dépression post-natale est rarement diagnostiquée. Eux-mêmes ne s’en rendent pas toujours compte : c’est souvent la conjointe qui remarque le changement d’humeur et qui met le doigt dessus.

Quelles sont les raisons de ce baby blues ?

Les raisons principales sont le manque de sommeil, les nouvelles responsabilitĂ©s… La pression s’intensifie et certains pères ne se sentent pas Ă  la hauteur dans le rĂ´le de « patriarche », ils perdent toute confiance en eux… On note aussi une Ă©troite corrĂ©lation entre le baby-blues de la mère et celui du père : cette situation doit ĂŞtre surveillĂ©e de près afin de ne pas mettre en pĂ©ril l’équilibre familial. Les symptĂ´mes sont diffĂ©rents en fonction des deux sexes : la mère dĂ©primĂ©e a tendance Ă  s’effacer, Ă  ĂŞtre triste, alors que le père est plutĂ´t irritable, agressif.

Dans une minorité des cas, cet épisode peut évoluer vers une dépression, souvent partagée par les deux parents. Les chercheurs proposent donc que des traitements en couple soient envisagés.

Mais que se passe-t-il dans la tĂŞte du jeune papa ?

Contrairement à la mère qui porte le bébé et vit la grossesse de l’intérieur, le père ne subit pas de transformations physiques et se retrouve soudainement avec un petit être dépendant de lui, sans avoir réellement réalisé ! Tout lui semble très soudain et la grossesse peut se transformer en réel choc émotionnel.

Par ailleurs, son changement de statut peut le perturber profondément : voilà, il est papa, avec toutes les responsabilités que cela comporte, l’obligation de devenir stable, rassurant, et de quitter l’insouciance propres aux jeunes adultes… Il quitte le rôle de « fils » pour endosser celui de père, normal qu’il faille un certain temps pour trouver de nouveaux repères !

Une pression s’installe sur ses épaules, faite de « je dois », « il faut que »… en gros, il sent qu’il doit assurer à partir de maintenant, et n’a plus droit à l’erreur… Waouh !

L’aspect familial et amoureux est à prendre en compte lui aussi : l’intérêt de la jeune maman est centré vers bébé, et inconsciemment, il peut en vouloir à son enfant d’avoir détourné l’attention de sa femme. Il se sent abandonné, délaissé… C’est normal qu’il se sente exclu de cette relation fusionnelle, qui après la grossesse, se continue avec l’allaitement…

Comment s’en sortir ?

Comme d’habitude, c’est la parole qui s’impose en premier lieu : communiquer, exprimer ce que l’on ressent, à sa femme, sa famille, ses amis, un médecin… quelques mots peuvent suffire à débloquer une situation. Mais de nombreux hommes ont beaucoup de mal à dévoiler leurs sentiments, leur détresse, assimilant cela à un manque de virilité.

Si la paternité n’est pas évidente pour certains, c’est en étant actif qu’ils entreront dans cette nouvelle « aventure ». Faire couler le bain, aller chercher les couches, sont autant de petits gestes qui impliquent le papa et le rendent « utile » à la vie de famille.

Afin de faciliter l’attachement avec son bébé, il faut que le jeune père privilégie tout contact avec lui : bain, câlins, massages, portage,peau à peau, cododo… tous ces gestes lui donneront confiance en lui.

Lorsque le papa se sent exclu de la relation fusionnelle entre sa compagne et leur bébé, il faut qu’il s’impose un peu plus, en douceur : câlins, mots d’amour destinés à bébé ne sont pas réservés à maman ! Cela est d’autant plus facile lorsque le père a assisté aux échographies, aux cours d’haptonomie…

Ne pas culpabiliser : de nombreux pères sont confrontés à ce phénomène et s’en sortent à merveille par la suite !

Côté vie amoureuse, il est important de se réserver des moments d’intimité en couple. Une grossesse bouscule le couple : corps et esprit sont bouleversés, et il va falloir quelques efforts pour retrouver une vie amoureuse et redonner sa place à la sexualité… Pour commencer, un bouquet de fleurs, des mots d’amour glissés à l’oreille.

Ne pas rompre totalement avec sa vie d’avant : continuer à passer une soirée de temps en temps entre copains, à aller faire du foot, jouer aux cartes… Devenir père n’est pas une rupture avec sa vie d’avant mais simplement une évolution.

Il est très rare que cet épisode évolue vers une véritable dépression. Néanmoins il faut rester vigilant et surveiller des symptômes un peu trop persistants, évoluant vers :

– Un sentiment d’inutilitĂ©, d’impuissance ou de dĂ©sespoir.

– Une difficultĂ© Ă  se concentrer et Ă  prendre des dĂ©cisions.

– Un dĂ©sintĂ©ressement envers le bĂ©bĂ©.

– Une tristesse accablante.

– Une culpabilitĂ© dĂ©raisonnable.

– Une fuite, par exemple, dans le travail ou dans les loisirs.

– Une baisse d’énergie.

Brindilles