Les huiles essentielles : grossesse et bébé, attention danger !

Les huiles essentielles : grossesse et bébé, attention danger !Les huiles essentielles sont d’une grande aide dans la vie de tous les jours : bien-être, hygiène de la maison, détente… 100 % naturel ! Mais qui dit naturel ne dit pas inoffensif.

Les huiles essentielles (HE) sont à manier avec une extrême précaution tout au long de la grossesse et avec un bébé en bas âge (à noter que le reste du temps, elles doivent aussi être maniées avec précaution). On les proscrit chez les nourrissons de moins de 3 mois, on adapte en fonction avec prudence chez les enfants en dessous de 3 ans.

Les risques

En théorie, les huiles essentielles sont totalement proscrites durant la grossesse et en l’absence de conseils de la part d’un thérapeute avisé il faut s’abstenir. Même s’il s’agit là d’un excès de précaution, la majorité des huiles essentielles sont strictement interdites durant les trois premiers mois de la grossesse. Pourquoi ? Parce qu’elles risquent de passer la barrière du placenta, représentant un danger pour le fœtus en formation et pouvant même être à l’origine d’avortements spontanés.

Les périodes les plus cruciales pour le fœtus sont les tout premiers jours de la conception et la période d’organogenèse entre le 20e et le 100e jour (4e mois) lorsqu’il est en phase de multiplication cellulaire.

Comme les huiles essentielles sont lipophiles et liposolubles, elles peuvent se retrouver dans les tissus fœtaux (et dans le lait maternel pour les mères qui allaitent).

Néanmoins, on considère à partir du 4e mois que certaines peuvent être utilisées : il s’agit d’huiles essentielles qui ne referment aucune molécule toxique susceptible de causer le moindre dommage à la mère comme à l’enfant.

Précautions de base valables pour les femmes enceintes (et les autres !)

  • Achetez vos huiles essentielles en magasin bio ou en pharmacie : leur origine est primordiale et de leur qualité dépendra leur efficacité (ainsi que leur innocuité) 
  • veillez à ne pas laisser vos flacons d’huiles essentielles à portée de vos enfants 
  • n’utilisez pas une huile essentielle que vous ne connaîtriez pas 
  • les huiles essentielles ont de puissants actifs à utiliser avec discernement et prudence, notamment sur les enfants de moins de 3 ans, encore plus lorsqu’il s’agit de les appliquer sur les muqueuses. Procéder à un test cutané en appliquant une petite quantité d’huiles essentielles diluée sur la peau de l’intérieur du bras. N’utilisez pas le produit si une rougeur ou une irritation surviennent 
  • en cas de brûlure, n’appliquez pas d’eau, mais de l’huile (l’huile essentielle n’est pas hydrosoluble). Pour versez dans l’eau du bain par exemple, diluer l’huile essentielle dans quelques gouttes de bain moussant ou de shampooing afin d’éviter la formation de gouttes en suspension, risquant de brûler peau et muqueuses 
  • n’appliquez jamais d’huile essentielle près des yeux 
  • en cas d’absorption d’une trop grande quantité d’huile essentielle par voie orale, nu buvez pas d’eau, mais de l’huile végétale. Si une huile essentielle est dans l’œil, rincez avec de l’huile et non pas de l’eau 
  • n’utilisez jamais d’huile essentielle nature, non diluée et sans avis autorisé : on mélange avec une huile végétale (amande douce, argan, sésame, olive…). Seules quelques rares huiles sont utilisables pures (exemple lavande fine) 
  • demander conseil à un médecin ou un pharmacien spécialiste des huiles essentielles 
  • ne vous amusez pas à faire des mélanges « un peu au hasard », les résultats peuvent être inattendus ! 
  • N’intégrez jamais des huiles essentielles sans avoir au préalable demandé un avis auprès d’un médecin spécialisé 
  • Respectez scrupuleusement le mode d’utilisation ainsi que la posologie conseillée. Si l’huile essentielle en question doit être utilisée diluée et en massage, n’en ingérez surtout pas. Si c’est une goutte deux fois par jour, ne pas en prendre deux ou trois gouttes cinq fois par jour. C’est mettre sa santé et celle de son bébé en danger ! 
  • Ne remplacez pas une huile essentielle par une autre. Une même plante aromatique peut être classée dans plusieurs catégories (appelées « chémotypes » ou « race chimique » en aromathérapie). Différents facteurs tels que le lieu de pousse, l’ensoleillement, le sol, le climat… modifient la structure moléculaire de la plante. Botaniquement, il s’agit de la même plante , mais chimiquement, tout se passe comme si l’on avait affaire à des espèces différentes. Et le danger est de se trouver face à une plante possédant en elle-même plusieurs chémotypes, du plus inoffensif au plus toxique ! C’est le cas du thym, de la lavande, de la menthe etc… Par exemple, si la menthe des champs est autorisée en cours de grossesse, la menthe poivrée, elle, est strictement interdite. Il n’est donc pas question d’acheter « de la menthe », mais telle huile essentielle précise de menthe pour soulager tel problème 
  • en cas de doute, téléphonez au centre antipoison le plus proche 
  • n’appliquez pas d’huile essentielle sur la ceinture abdominale pendant la grossesse.

Les huiles autorisées en seconde partie de grossesse

Néanmoins, de nombreux médicaments étant interdits durant la grossesse en raison de leur toxicité, certaines huiles essentielles peuvent être d’une grande utilité pour soulager de nombreux maux ! On les utilisera seulement à partir du 4ème mois et toujours sur conseil d’un professionnel (en cas de doute sur une huile ou un produit, ne pas hésiter à appeler le fabricant par exemple).

A partir du 3ème mois de grossesse, les huiles essentielles à dominante de monoterpénols, de monoterpènes et d’esters peuvent être utilisées. Voici les huiles essentielles les moins toxiques, qui pourront être utilisées par la future maman, mais toujours sur avis médical et jamais au hasard :

Bergamote, Cardamome, Citron zeste, Eucalyptus radié, Genévrier, Géranium rosat, Lavande vraie, Lentisque pistachier, Matricaire, Mandarine zeste, Menthe des champs, Myrrhe amère, Niaouli, Néroli, Petit grain bigarade, Oranger, Ravintsara, Rose, Tea tree, Thym à thuyanol, Verveine citronnée.

Quelques exemples d’utilisation très simples :

  • Le ravintsara est un excellent antiviral 
  • la lavande fine favorise l’équilibre nerveux 
  • de plus en plus de sages-femmes font préparer des huiles de massage à base d’huile essentielle de girofle afin de favoriser l’accouchement 
  • dans les cas de dépression post-natale, on peut utiliser des huiles de massage à base de rose ou de ciste 
  • la lavande fine, en massage relaxant des muscles est utile à très petite dose à partir du 6e mois (quelques gouttes dans le bain ou la bouteille d’huile de massage). Attention, lors des massages, évitez les points de réflexologie en rapport avec l’utérus (tour des poignets, chevilles) et le ventre après les 3 premiers mois… 
  • nausées : huiles essentielles de citron : une trace sur la langue ou en olfactif 
  • pour se détendre : Camomille (quelques gouttes dans le bain, diluées dans du bain moussant ou du gel douche), agrumes type orange douce, néroli, mandarine, petit grain bigarade (à vaporiser) 
  • pour dégager les voies respiratoires : Eucalyptus en olfactif, sur un mouchoir ou sur l’oreiller 
  • pour éloigner les insectes : Citronnelle, Géranium rosat en diffusion.

A noter que : même si l’huile essentielle de Jasmin ne contient pas de composants toxiques, elle est tout de même déconseillée pendant l’allaitement car elle freinerait les montées de lait.

Les huiles les plus dangereuses

Les huiles essentielles riches en cétones (neurotoxiques à hautes doses), phénols (molécules anti-infectieuses puissantes mais irritantes, comme le carvacrol de l’origan ou le thymol du thym…) ou en aldéhydes doivent être évitées systématiquement pendant la grossesse et toute la durée de l’allaitement. Eviter tout particulièrement la sauge officinale, la menthe poivrée, le cèdre de l’Atlas, le romarin officinal, le thym… Prudence aussi avec les huiles essentielles à éthers comme celles de basilic ou d’estragon…

Les huiles essentielles contenant :

 

  • Des phénols : Cannelle de Ceylan, Clou de girofle, Thym à thymol, Origan, à proscrire par voie cutanée, car dermocaustiques, irritantes pour les muqueuses & hépatotoxiques à hautes doses 
  • des cétones : sauge officinale, thuya, armoise, menthe poivrée par exemple, sont à proscrire car elles sont neurotoxiques, abortives, épileptisantes 
  • des aldéhydes : Eucalyptus citronné, Lemon grass, Cannelle de Ceylan, dermocaustiques, irritantes pour les muqueuses 
  • des huiles essentielles à composés soufrés : Ail, Carvi, Oignon, elles sont dermocaustiques, irritantes pour les muqueuses, révulsives 
  • chez la femme enceinte, certaines huiles essentielles emménagogues (c’est à dire celles provoquant ou régularisant les menstruations) peuvent induire des troubles sérieux et/ou des contractions (si utilisées en massages). Les principales emménagogues sont : armoise ainsi que menthe poivrée (abortives) à proscrire absolument 
  • Puis dans une moindre mesure : Basilic, Camomille, Cannelle, Carvi, Cyprès, Genièvre, Hysope, Origan, Romarin, Sauge, Thym (autres que thuyanol)… sont à éviter.

Pour les bébés

JAMAIS d’huiles essentielles par voie orale pour les enfants, sauf recommandées par un médecin. Pour les bébés, comme pour les femmes enceintes, les huiles essentielles sont à manipuler avec d’extrêmes précautions, et toujours en ayant de solides connaissances des huiles essentielles et un conseil professionnel.

– Ne donnez jamais une huile essentielle à un bébé

– en diffusion : ne les diffusez pas en présence de l’enfant. Diffusez 10mn et patientez au moins ¼ d’heure avant de le coucher.

 

Brindilles