Maux d’hiver : se soigner au naturel

maux d'hivers: se soigner au naturelBon. Et bien malgré tous vos efforts vous n’avez pas coupé à la goutte au nez. Baisse de l’immunité due à un coup de froid, une grosse fatigue, un stress, un excès alimentaire… Et hop, vous êtes « balade », que ce soit rhume, angine, bronchite, grippe ou autre. Que faire pour passer le cap au plus vite ?

Il ne s’agit pas d’« arrêter net » le phénomène car il faut toujours respecter le besoin que le corps a d’évacuer, mais de l’accompagner au mieux afin de l’écourter. Sans oublier que ces attaques désagréables ont une vertu : elles stimulent le système immunitaire si on ne l’inhibe pas avec des antibiotiques et autres médicaments, et si les récidives ne sont pas trop fréquentes.

Pour cela nous avons, en plus d’une diététique adaptée, certaines « biothérapies » très simples.

Les « grandes lignes » diététiques

Il est fréquent d’avoir peu faim lorsque l’on tombe malade. L’énergie importante que requiert la digestion va être économisée en quelque sorte et mise à profit par le corps pour son « auto guérison ». Mieux vaut éviter de « manger à tout prix pour prendre des forces » et écouter sa faim. Jeûner le temps d’un repas, voire d’un week-end ne peut pas faire de mal (attention, il n’est pas question de bébés ici, seulement d’adultes et d’enfants de plus de 4 à 5 ans). La diète aide les anticorps à agir et la fièvre à baisser. En revanche, il est très important de boire quantité de liquides : des boissons chaudes qui luteront contre la congestion (tisanes, infusions, bouillons de légumes qui « nourriront » le malade…), de l’eau et des jus de légumes ou de fruits coupés à l’eau pour revitaliser. Boire beaucoup évite la déshydratation (due à la fièvre) et aide à dissoudre l’excès de mucus qui gênent la respiration.

Le principe de la « monodiète » est séduisant par sa simplicité : il s’agit de ne manger qu’un seul ingrédient (ou type d’ingrédients, par exemple les légumes) sur un ou plusieurs repas. Encore une fois, cela permet d’alléger son corps et de l’accompagner dans sa guérison. A vous les monodiètes de compote de pommes (maison et non sucrée bien entendu), de soupe de légumes, de graines germées, de riz complet, de quinoa, de mandarines, de carottes crues…

Une fois la faim revenue, on réintroduit progressivement les aliments, en observant une phase d’alimentation « hypotoxique ». On supprime les produits laitiers totalement le temps de la maladie (et on y va mollo le reste du temps par la même occasion), les graisses saturées, les sucreries (le sucre induit la production d’une hormone par le pancréas, le cortisol, qui affaiblit l’immunité), l’excès de céréales raffinées et tout-ce-qu’on-sait-qu’est-pas-bon ! Le but ? Éviter au corps d’avoir un gros travail de nettoyage à faire alors qu’il est pleine phase de récupération et de lutte contre l’envahisseur.

Le top ? Du frais, du cru, du vivant, du bio !

– Des jus de légumes maison.

– Des crudités (même si en petite quantité avant la soupe).

– Des fruits et légumes frais riches en vitamine C (tous les choux, agrumes, kiwis, persil, et poivrons rouges tomates, fraises pour ceux qui tombent malades en été !).

– Des bouillons de légumes maison, sans oublier les fines herbes (les bouillons faits à partir de poudre, dont la composition est plutôt un concentré de sel, de sucre et d’additifs chimiques, n’ont pas d’intérêt nutritionnel).

– Ail, oignon et échalotes au menu car ils stimulent les défenses immunitaires, tout comme le gingembre.

– Des champignons : shiitake, pleurotes…

– Des acides gras essentiels sous forme d’huiles végétales crues (colza, noix, cameline, périlla etc, voir les dossiers sur les huiles végétales) ou de noix, amandes, noisettes… On force sur les oméga-3, anti-inflammatoires.

– Des protéines digestes : œuf coque, poulet, poisson blanc ou gras. Les anticorps de notre système immunitaire sont fabriqués à partir de protéines.

– Du zinc : c’est l’excuse rêvée pour se faire une petite cure d’huîtres et de fruits de mer ! Oh, comme c’est dommage, vous n’avez pas la force de les ouvrir… Déléguez ! Ceci dit, on trouve du zinc dans le germe de blé, le foie de veau, le poulet, les shiitake, les légumineuses, les graines de courge etc.

Les bonnes techniques d’un autre temps… mais toujours aussi efficaces !

Dès les premiers signes de la maladie, il est important de se reposer, et se réchauffer. C’est là qu’intervient la sympathique bouillotte, aux vertus souvent insoupçonnées… Meilleure alliée du foie, elle le réchauffe et lui permet ainsi de mieux travailler. Car c’est entre 39 et 41°C que notre foie est au mieux de sa forme ! La chaleur dilate tous ses vaisseaux sanguins (et ils sont nombreux, cet organe étant fort irrigué), ce qui permet une accélération de la circulation sanguine et facilite l’élimination des toxines, entre autres choses (le foie a de multiples fonctions : une vraie usine !) Accessoirement, la bouillotte est terriblement efficace pour calmer les douleurs intestinales et menstruelles, ainsi que les lombalgies et pour faciliter l’endormissement.

Certain(e)s vont bien rire, mais Rika Zaraï avait raison : les bains de siège froids (et les bains dérivatifs, prônés par France Guillain, mais nous en reparlerons plus tard, en détails) sont souverains pour faire baisser la fièvre ! le principe consiste (en résumé) à rafraîchir la zone du périnée, tandis que le reste du corps est chaudement couvert, et la température de la pièce très confortable. En pratique, on trempe la région du périnée (entre les organes génitaux et l’anus) dans une eau froide (ou tiède pour commencer) une dizaine de minutes, en effectuant un mouvement de va-et-vient d’avant en arrière avec une grosse éponge par exemple. Une autre technique consiste à placer une poche de glace dans un gant de toilette directement dans la culotte. Idéal pour les périodes de fatigue où on n’a pas envie de se lever. Attention tout de même lors d’épisodes de fatigue ou de malaise intenses : le corps n’a pas la vitalité nécessaire pour réagir et ce type de procédé aura plutôt tendance à affaiblir encore plus l’organisme.

Le coup du gant de toilette frais sur le front fait lui aussi beaucoup de bien, en toute simplicité. Rappelons tout de même que (surtout dans le cadre de refroidissements saisonniers), la fièvre n’est pas à combattre coûte que coûte : c’est grâce à elle que le corps lutte contre l’infection et tant qu’elle reste surveillée et maîtrisée elle n’est pas dangereuse (les anticorps commencent à agir à partir d’une température corporelle de 38°C). Consultez un médecin si elle persiste ou monte trop, en particulier chez les enfants, victimes de convulsions.

Les grands champions en matière d’immunité et d’accompagnement des maux d’hiver

–  Le chlorure de magnésium ou nigari. Lorsque apparaissent les premiers symptômes (vous savez, à l’instant même où vous réalisez que vous n’allez pas y couper !), on dilue 20 gr dans une grande bouteille d’eau (1,5 litre), et on en prend un petit verre à jeun chaque matin. Diviser les doses par 2 ou 4 pour un enfant (le goût étant assez désagréable, le mélanger à un jus de fruit ou de légumes pour les plus sensibles). Un surdosage peut occasionner une petite purge. Évitez-le en cas d’hypertension ou de problèmes rénaux (car c’est un sel).

– Les vitamines dont la C, sous forme d’acérola : cette petite cerise intervient dans la prévention contre les refroidissements, rhumes et grippes, et lutte également contre la fatigue, l’asthénie… Autant de raisons de la prendre en cure régulière dès les premiers frimas !

Une fois la maladie déclenchée, elle incite le système immunitaire à fabriquer davantage de lymphocytes T qui attaquent et détruisent un grand nombre d’agents pathogènes. Optez en parallèle plutôt pour des sources alimentaires de vitamine C comme l’orange, le pamplemousse, les fraises, le kiwi, le cantaloup, les poivrons rouges et verts, le brocoli (ainsi que tous les choux), la tomate, qui, en plus de la vitamine C, contiennent de nombreux antioxydants.

Les probiotiques (voir le dossier « Les probiotiques ») sont l’un des meilleurs moyens de renforcer notre barrière intestinale, qui constitue l’un des premiers remparts de notre organisme contre les attaques. Ils renforcent la flore intestinale, en la colonisant à l’aide de « bonnes » bactéries. Ainsi, l’intestin retrouve sa perméabilité et joue son rôle de barrière protectrice. Les cures de probiotiques sont particulièrement recommandées en période hivernale, de stress, d’allergies, lors de troubles du transit, et en cas de prise d’antibiotiques.

La propolis, sous toutes ses formes (sirop, spray, gouttes avec ou sans alcool, gommes…) aide à renforcer l’organisme. On la prend en préventions dès le début de la période hivernale, lors d’épisodes sensibles (fatigue, stress…), et même en cas de sensibilité allergique (rhume des foins, allergies aux acariens etc). Elle augmente la production des anticorps, lutte contre bactéries, microbes et est parfaite en cas de maux de gorge, refroidissement ou grippe.

Les autres produits de la ruche sont bienvenus en cette période également et tout particulièrement la gelée royale, riche en protéines, vitamine (B5 notamment), en oligo éléments et en facteurs antibiotiques naturels.

L’extrait de pépins de pamplemousse est tout indiqué lors d’épisodes infectieux (états grippaux, fatigue chronique, refroidissements…). C’est l’un des antibiotiques naturels les plus efficaces et sans effets secondaires.

L’echinacéa est LA plante de l’immunité, parfaite en période de refroidissements. Sous différentes formes, en comprimés, teinture mère, tisane… Elle est réputée pour aider à passer les caps difficiles et écourter les épisodes de rhume et autres affections.

Les oligo éléments : présents en quantité infime, les oligoéléments jouent un rôle biologique essentiel : déclencher ou accélérer les échanges entre les cellules, les enzymes, les hormones, les vitamines. Certains, comme le cuivre ou le manganèse, ont une implication directe sur l’immunité. Parmi les mélanges de base, nous avons le fameux « Cuivre-Or-Argent » (en général bien connu des adeptes de l’homéopathie), parfait en cas de fatigue consécutive à des infections récidivantes. En second vient le « Manganèse-Cuivre » lorsque la fatigue vient d’un surmenage intellectuel et physique. Ces mélanges se prennent 3 fois par semaine et peuvent être complétés par des remèdes complémentaires (phosphore, bismuth, soufre…). Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien afin de cibler au mieux vos besoins et d’affiner la posologie.

–  Parmi les remèdes les plus simples et facile d’accès, le thym est parfait en cas de rhume, grippe, courbatures, angine… toutes les affections dues au refroidissement ! Il purifie l’organisme, élimine les toxines, aseptise larynx et bouche.

Les tisanes sont de bons alliés pour lutter contre les affections : chacune a sa spécificité :

→ La cannelle, plante tonique, stimule et réchauffe en cas de rhume.

→ L’origan combat les rhumes accompagnés de migraines.

→ La camomille matricaire (ou Allemande) convient parfaitement en cas de refroidissement et de sinusite, elle contribue à dégager les sinus.

→ L’hysope aide à expectorer en cas de toux grasse, d’enrouement.

→ Le coquelicot est lui, plus indiqué en cas de toux sèche, mais il est également sédatif, indiqué en cas de rhume et d’insomnie.

→ Le thym, cité plus haut, est un puissant antiseptique, et bactéricide, pour désinfecter les voies respiratoires et digestives. C’est encore mieux si on sucre avec du miel !

→ Le romarin réchauffe rapidement les extrémités froides, d’où son utilisation en bain pour le corps ou les pieds. En cas de fatigue, surmenage voire même épuisement, il redonne un coup de fouet.

→ L’eucalyptus est un bon antiseptique respiratoire, qui fluidifie les sécrétions. Parfait en cas de bronchite, toux, rhume ou sinusite, on l’emploie en infusion, inhalation… Par exemple, en cas de rhume, faites bouillir 25 g de feuilles d’eucalyptus pendant 20 minutes, dans un litre d’eau. A boire tout au long de la journée pour une action antiseptique générale.

→ La ronce est une plante pour les gorges enflammées, douloureuses (simple irritation ou angine). Faites bouillir 50 g de feuilles de ronces dans un demi litre d’eau pendant 3 minutes, laissez infuser 20 minutes puis filtrez et faites plusieurs gargarismes de cette décoction par jour.

→ Le bouillon blanc est lui aussi d’une grande aide dans les cas de gorge douloureuse et difficultés à parler : laissez reposer 20 minutes 20 g de feuilles et de fleurs dans de l’eau bouillante, filtrez et buvez plusieurs tasses par jour, sucrées au miel.

Les jus d’herbe d’orge ou de blé, très riches en chlorophylle, sont un bon coup de pouce pour nettoyer l’organisme (tout particulièrement la sphère digestive) et reconstruire la flore intestinale. Attention à prendre ces compléments alimentaires très progressivement car un dosage trop important risque d’occasionner des réactions (appelées crises curatives).

La spiruline, elle aussi riche en chlorophylle, est une source exceptionnelle de nutriments ! Protéines, vitamines, oligo éléments, minéraux… Elle fait partie de ces « super aliments » qui sont d’une grande aide lors des épisodes de maladie, déminéralisation, baisse de vitalité… entre autres !

– D’autres préfèreront les petites cures de charbon ou de lait d’argile afin d’assainir les intestins. Le charbon nettoie le système digestif grâce à son fort pouvoir d’absorption. L’argile est absorbante (elle réagit comme une éponge et laisse l’eau chargée de toxines et les gaz l’imprégner), reminéralisante, purifiante, régénérante, antiseptique (les agents pathogènes sont évacués ou détruits), détoxiquante, anti-inflammatoire, adoucissante, elle neutralise de nombreuses microbes (bactéries, virus…), toxines… entravant la prolifération des agents pathogènes tout en épargnant les éléments reconstructifs. Pour la mélanger (et la laisser décanter), évitez d’utiliser des ustensiles en fer, en métaux oxydables ou en plastique. Les cuillères en bois, les pots en grès ou en verre conviennent bien.

Les cures d’eau argileuse consistent à boire l’eau dans laquelle on a laissé reposer une cuillère à café d’argile verte en poudre (mais sans boire le dépôt d’argile au fond du verre), du soir pour le matin, ou du matin pour le soir (préférable pour les personnes à tendance constipée), sur une période de 21 jours.

Attention : l’argile en interne est déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 36 mois. Dans les deux cas, argile et charbon, il faut dissocier leur prise avec celle de médicaments, compléments alimentaires ou pilule contraceptive (car ils seraient absorbés !). Éviter également la prise d’argile en interne en cas de problème de constipation chronique, d’occlusion intestinale, d’hernie, d’hypertension, en cas de séances de rayons X.

De l’huile essentielle d’eucalyptus, de ravintsara, de pin, de cyprès, de myrte: en diffusion pour assainir l’atmosphère, ou en inhalation (1 à 2 gouttes dans un bol d’eau bouillante, durant 10 minutes, 1 à 3 fois par jour).

L’homéopathie offre de nombreux remèdes pour lutter contre les maux d’hiver, et là encore, il en existe presque autant qu’il existe de symptômes ou de terrains ! Pour être efficace, un remède doit être adapté à chaque cas, d’où la nécessité d’en parler à son pharmacien ou médecin.

Brindilles