Mon doudouuu !

Petit, il est frĂ©quent de vouloir laisser Ă  son enfant, dans son berceau ou lors des premières sĂ©parations, un tee-shirt imprĂ©gnĂ© des odeurs maternelles. Ce tee-shirt n’est pas le doudou (mais il pourra le devenir !…) car pour qu’un doudou le soit, il doit ĂŞtre choisit par l’enfant lui mĂŞme.

Un doudou pour bébé: à quel âge ?

Pour se rassurer, il cherchera Ă  « apprivoiser » un objet qui ne le quittera en aucune façon et ne le laissera donc jamais seul. Clairement, l’enfant cherche Ă  se rassurer et certains enfants trouvent ce rĂ©confort en suçant tout simplement leur pouce. Le vrai doudou, lui, apparaĂ®t plutĂ´t vers 7 ou 8 mois. A cet âge, BĂ©bĂ© traverse des pĂ©riodes « d’angoisse », il comprend qu’il est une personne Ă  part entière, tout comme sa maman et donc que cette maman peut disparaĂ®tre ce qui est forcement source d’angoisse… Il devient difficile, et mĂŞme si il avait l’habitude de voir maman partir au travail sans broncher, maintenant il ne supporte plus les sĂ©parations, de peur qu’elle ne devienne dĂ©finitive. Votre enfant trouvera vite un palliatif Ă  votre prĂ©sence et vos câlins. Un petit carrĂ© de tissu suffira. Ou bien il le trouvera seul parmi les jouets de son lit ou bien maman poussera le destin et lui glissera un morceau de tissu ou un vĂŞtement qu’elle aura portĂ©. Ce sera au final un objet de son choix, qu’il crĂ©era et personnalisera comme Ă©tant l’objet qui apporte soutient et rĂ©confort.

Ce doudou a pour rĂ´le de faire la transition entre le monde extĂ©rieur et lui mĂŞme (d’ou son nom d’objet transitionnel). Et tant qu’il ne sert pas Ă  « abandonner » bĂ©bĂ© sans regret, soulagĂ© par doudou Ă  la rescousse… tout va bien !

Et voilà Maman remplacée par un vieux chiffon !

C’est moche mais c’est comme ça ! BĂ©bĂ© a enfin trouvĂ© un moyen de supporter les sĂ©parations avec Maman et aussi un moyen de s’endormir sereinement le soir. En passant le doudou devant son nez et en le caressant, BĂ©bĂ© retrouve une partie de Maman. MĂŞme si son doudou ressemble Ă  un bout de tissu « crado », il aime le conserver près de lui. Il lui permet d’avoir une reprĂ©sentation de Maman, chose qu’il arrive difficilement Ă  faire par la pensĂ©e. Il ne possède pas encore cette facultĂ© d’abstraction, celle de se « projeter » un film souvenir. Doudou prend donc le relais et c’est pour cette raison que les psychologues lui donnent le nom d’objet « transitionnel ».

Un doudou ? Pas forcément !

En effet, les enfants n’ont pas tous besoin d’un doudou. Mais Ă  force d’inciter les parents Ă  en acheter deux au cas oĂą le premier serai perdu, Ă  dire qu’il est indispensable pour bĂ©bĂ©, etc….etc….,le doudou est devenu le compagnon indispensable ! Or, ce n’est pas forcement vrai !

Tous les enfants n’ont pas besoin d’un doudou ou plutĂ´t, ils n’ont pas tous besoin d’un doudou palpable, visible. En fait, bĂ©bĂ© est en quĂŞte d’amour et de sĂ©curitĂ©. Alors, ce peut ĂŞtre sous forme d’une boite Ă  musique ou encore le pouce ou autre chose de moins perceptible ( en babillant, en se caressant les cheveux…). S’il dĂ©cide de ne pas prendre de doudou, respecter ce choix : il a sĂ»rement trouvĂ© un autre moyen pour se sentir bien.

Combien de parents se sont retrouvĂ©s face Ă  la fameuse question Ă  la crèche : « votre enfant a-t-il un doudou ? » Et bien s’il n’en a pas, dans certains cas, c’est prendre le risque de passer pour un parent indigne ou une illuminĂ© ! Reste Ă  bien expliquer que le fait de ne pas avoir de doudou n’a jamais mis en danger son Ă©volution et qu’il se porte comme un charme : assumer son rĂ´le de parent qui a dit NON au doudou. Dans certaines crèches, des mĂ©thodes ont Ă©tĂ© mis en place pour permettre au bĂ©bĂ© d’apprĂ©hender sa vie sans son doudou. Et hop ! Il n’est jamais trop tĂ´t pour une petite sĂ©ance de thĂ©rapie de groupe !

 

On le laisse traîner son vieux chiffon ou pas ?

Passé un long moment, n’est-il pas temps de se débarrasser du doudou ? Difficile de faire entendre raison au loupiot qui a décidé de garder son vieux machin dégoûtant coûte que coûte… C’est le moment de négocier en finesse : essayer alors de discuter pour lui faire comprendre qu’il est peut-être temps que le doudou disparaisse…

Mais il est hors de question de le martyriser en le jetant sans regret Ă  la poubelle. La rupture pourrait ĂŞtre terrible ! Si bĂ©bĂ© choisit un doudou, c’est qu’il en a besoin. Alors, il faut le laisser faire. La bataille sera peut-ĂŞtre difficile, mais ne il ne faut pas perdre espoir et se dire que le jour oĂą il s’en sĂ©parera, c’est qu’il aura vraiment grandi

 

Le drame de la disparition…

Temporaire : le doudou a été égaré !

Attention Ă  ne pas transformer le doudou en objet sacrĂ©. Cela ne ferait qu’angoisser bĂ©bĂ© en cas de perte. Si il venait Ă  le perdre, il faut redoubler de câlins et de mots doux pour lui faire comprendre que ses parents ont eux aussi de la peine. Il aura sĂ»rement du mal Ă  trouver le sommeil pendant quelques nuits mais il trouvera vite un remplaçant avec lequel il tissera des liens tout aussi passionnĂ©s !

DĂ©finitive : bĂ©bĂ© et son doudou, la fin d’une belle histoire…

C’est l’enfant qui doit choisir ce moment. Pour cela, il faut l’observer, avec son doudou et percevoir le moment oĂą il veut et peut affronter seul ses petits soucis et angoisses. Cet âge peut se situer autour de trois ans ou plus selon chaque enfant.

Une fois le doudou mis de coté, celui-ci deviendra une peluche ordinaire mais restera à tout jamais un souvenir inoubliable alors… c’est mieux de le conserver (encore une fois, il est hors de question de le jeter à la poubelle brutalement).

Ce qu’en disent les psychologues

Les psychologues disent que le seul doudou dont un enfant a besoin, c’est l’amour de ses parents. On n’a jamais fait croire longtemps Ă  quelqu’un qu’on l’aimait en lui offrant des cadeaux. Cela fini toujours par se retourner contre soi. Alors pourquoi le faire avec son enfant ? Tous les enfants n’ont pas forcĂ©ment besoin de quelque chose de « palpable ». Leur premier besoin est la sĂ©curitĂ© affective. BĂ©bĂ© a besoin de se sentir rassurer par la prĂ©sence, l’odeur, le son de la voix de Maman et/ou Papa.

Mais loin d’être un simple jouet, le doudou participe tout de même au développement psychique et intellectuel de l’enfant. Il lui permet de trouver les ressources nécessaires à la gestion du manque et de la frustration. Il est donc un allié à ne pas négliger, et à laisser entrer dans la famille si bébé le désire !

En grandissant, dès l’âge de 4 ans, l’enfant va peu à peu se détacher de son doudou. Pour l’aider, les adultes doivent poser des limites. Pas de doudou à table ni à l’école. Passage en machine obligatoire tous les 15 jours par exemple. Petit à petit, l’enfant supportera son absence et ne le réclamera plus qu’à l’heure du coucher. C’est vers l’âge de 6 ans, en général, que le petit devient capable de gérer seul le manque et la frustration. Il désinvestit l’objet affectivement au profit de nouvelles relations avec en le monde extérieur (familier ou étranger).

Brindilles