Pour ou contre la tétine ?

Le réflexe de succion est inné chez le nourrisson (et même avant : dès l’âge de 5 mois, un fœtus peut téter son pouce dans le ventre de sa mère !). Pourtant, la venue d’une tétine dans la vie de bébé suscite débats et interrogations… Alors, pour ou contre ? Petit tour d’horizon des arguments des deux parties pour se faire sa propre opinion !

« Pour » la tétine

Le bébé a physiologiquement besoin de téter puisque cela lui apporte plaisir et détente, grâce aux l’endorphines (hormone du bien être) secrétée lors de la succion. Cela lui apporte réconfort et sécurité. Lors d’épisodes douloureux ou difficiles comme des coliques, poussées dentaires, colères, endormissements par exemple, certains bébés sont véritablement soulagés par la tétine, sans oublier les parents rassurés.

Elle est préférable au pouce car plus facile à gérer lorsque l’enfant grandit. C’est très difficile de lui empêcher de sucer son pouce, en revanche, on peut rapidement ne donner la tétine que dans certains moments bien choisis : l’heure du coucher, les moments de fatigue ou besoin de réconfort (bobos, absence…) et ainsi, déshabituer progressivement l’enfant au fur et à mesure qu’il grandit.

Un autre avantage par rapport au pouce : elle est plus hygiénique et facilement stérilisable.

Quand on a nourri, changé, câliné le bébé, qu’on a fait avec lui 43 fois le tour de la maison en le berçant et que rien n’y fait… On loue l’existence de ce petit bout de caoutchouc !

Les anglais l’appellent « pacifier » ou « pacificateur », ce n’est peut-être pas pour rien !

L’enfant est plus calme, donc dort mieux. Les parents peuvent se reposer eux aussi et sont plus calmes à leur tour. Tout le monde étant mieux reposé le matin, l’ambiance est bien plus détendue à la maison ! Les premiers mois sont difficiles, les bébés pleurent beaucoup. Ainsi, les parents peuvent avoir du mal à tolérer les pleurs par moment, et vouloir que le bébé s’apaise le plus vite possible. Dans ce contexte, si en donnant une tétine, le bébé est plus calme, les parents seront moins stressés et la qualité de la relation parent-enfant en sera ainsi préservée.

La tétine facilite l’acquisition des rythmes et de l’auto apaisement. Les bébés suceurs seraient capables plus tôt que les bébés non suceurs de se rendormir la nuit et d’espacer leurs prises alimentaires de nuit.

La tétine diminue le risque de mort subite durant le sommeil. La bouche ouverte et non jointive autour de la sucette diminuerait le risque de reflux et favoriserait la ventilation.

Un enfant à tétine peut ne pas être un éternel suceur si ses parents adoptent un bon comportement.

Une fois devenu « grand », bébé peut être, en quelque sorte, sevré de la tétine. Avec le pouce, étant donné qu’il est toujours à proximité, c’est impossible (voici un exemple concret qui parlera à beaucoup de parents au régime : si on a du chocolat à disposition dans le placard en permanence, c’est plus difficile de résister que s’il n’y en a pas !).

« Contre » la tétine

La tétine compromet la réussite de l’allaitement au sein : pour s’assurer que le bébé prenne correctement le sein, surtout au démarrage de l’allaitement, il ne vaut mieux pas perturber son apprentissage en lui demandant de mettre en place les deux types de succions. Mais ceci n’est pas catégorique, certains bébés font très bien la différence, d’autres non. Dans certains cas, la tétine est très appréciée par les bébés, qui ne la confondent en aucun cas avec le sein de leur maman (peut-être parce que rien ne coule de la sucette ?). Mais autant ne pas prendre le risque de perturber la production de lait, pouvant amener l’échec pour l’allaitement.

Plus un bébé commence tôt à sucer une tétine, plus il aura du mal à s’en défaire.

La tétine peut amener des troubles du sommeil. En devenant objet d’endormissement, bébé peut en devenir dépendant et ainsi ne pas parvenir à retrouver son sommeil sans elle.

L’action réconfortante de la tétine ne produit que des effets à court terme. Après s’être endormi, bébé risque d’entrouvrir la bouche et de laisser tomber le papillon translucide qui lui procurait confort et sécurité. Résultat : ses pleurs reprennent car il lui est impossible de retrouver l’objet dans son lit. Et la quête d’une nuit paisible s’effondre à cet instant pour les parents qui doivent entamer une fouille en règle du berceau.

C’est un vrai nid à microbes.

C’est prouvé, la tétine peut entraîner des déformations de la mâchoire et différentes sortes de malpositions dentaires chez l’enfant. Du moins, si bébé l’utilise plus de deux ans. Il faudra alors faire appel à un orthodontiste, à même de réparer les dégâts à l’aide d’un appareil dentaire et d’une petite rééducation. Pour ne pas prendre de risques sans provoquer trop de frustration, il reste à limiter l’utilisation de la tétine dans le temps… si on y arrive !

La sucette déformerait le palais et les fosses nasales, favorisant ainsi les otites et obstructions nasales. Sans oublier les problèmes de prononciations engendrés.

La tétine « tais-toi » : répondre systématiquement au cri de l’enfant par l’introduction d’une tétine dans sa bouche n’est pas lui rendre service. Cette attitude est néfaste car c’est inviter bébé à la solitude plutôt qu’au réconfort et à l’écoute de ses parents. N’est-il pas exaspérant de voir un parent coller d’autorité la sucette dans la bouche de son bébé parce qu’il commence à couiner, alors qu’il a probablement quelque chose à exprimer ?

Certains prétendent que si on incite un enfant à se consoler en mâchouillant un objet extérieur, on risque de le conditionner à poursuivre ce comportement une fois adulte par le grignotage ou la cigarette…

Alors, qui a raison ?

A priori, les deux parties ont raison. Il faut juste user de bon sens et faire un usage raisonné et raisonnable des sucettes.

Il est impossible d’ignorer le besoin profond et apaisant pour l’enfant de téter et ce, principalement durant ses premiers mois. Donc OK, pour l’utiliser chez un bébé qui a manifestement besoin de téter même en dehors des repas ou un bébé qui souffre, qui a besoin d’être apaisé. N’oublions pas qu’un nourrisson qui ressent une gêne, un malaise (faim, couche sale, angoisse du crépuscule, etc…) s’imagine à chaque fois que sa dernière heure est arrivée !

Sa détresse est donc bien réelle, et ses parents doivent la prendre en compte. Même si eux savent que « ce n’est pas si grave », le bébé, lui, ne le sait pas… C’est donc un moyen pour lui de retrouver des repères rassurants plutôt que de s’égosiller dans des pleurs d’angoisse qui, à leurs tours, stressent les parents. Alors, oui à la tétine durant les premiers mois mais sans avoir oublié au préalable la tentative du sein ou du biberon, du câlin, du bercement et des paroles réconfortantes !

Pour la suite, tout dépend de lui mais surtout…des parents !!! Ainsi, si c’est l’option tétine, il faudra poser quelques limites, sans quoi, c’est la porte ouverte à de mauvaises habitudes…..

La conduite à tenir vis à vis la tétine:

Oui, mais avec des alternatives ! Si on donne la tétine en cas de pleurs, il faut l’accompagner de paroles rassurantes, un câlin, des caresses… Si bien qu’un jour, bébé va peut-être préférer les mots doux et rassurants de ses parents ou ses caresses apaisantes plutôt que le petit bout de plastique à mastiquer ! On peut essayer, vers l’âge de 5/6 mois de ne plus prendre la tétine pour sortir, ni le doudou d’ailleurs, et parler de l’environnement, en étant attentif à ses réactions… son attention sera ainsi détournée et il oubliera sa tétine !

Ne donner la sucette qu’après avoir essayé d’autres moyens apaisants (câlin, promenade, bébé au sein, paroles douces, massages…). Aux parents de sentir si le pouce, le sein, le biberon ou encore le doudou ne suffisent pas à le satisfaire.

L’idéal serait de ne pas se lever la nuit pour redonner la sucette à son bébé, afin qu’il trouve par lui-même un autre moyen de se rendormir entre deux cycles de sommeil, sans intervention extérieure. Si ce n’est vraiment pas possible, lui redonner sa tétine dans la main et non dans la bouche, pour qu’il ait l’idée de la chercher tout seul dans le lit les prochaines fois (on ne sait jamais !).

Pour ne pas interférer dans le développement physiologique (langage et dentition) de l’enfant, il est nécessaire d’abandonner la tétine à l’âge de trois ans.

Ne pas introduire pas la tétine dans des moments de jeux alors que bébé est calme et s’autogère ; il en ferait une dépendance. Moments jeux se lieraient alors avec moments tétine

La choisir de forme bien adaptée à l’enfant.

Il ne faut absolument jamais nettoyer la sucette de son bébé (en cas de chute sur le sol) avec notre bouche d’adulte. Cela ne la nettoie pas du tout, bien au contraire (on risque de cette manière de lui transmettre des germes favorables à la création des caries) !

On peut en avoir plusieurs au cas où elle tomberait par terre dans la rue, par exemple (on ne peut pas en dire autant des doudous, ou du pouce).

Dès l’âge de six à huit mois, bébé apprécie particulièrement les doudous et c’est le moment de tenter un transfert de la tétine vers le doudou.

Apprendre à bébé à savoir se séparer de sa sucette en limitant son usage. Elle sert pour les moments dodos et les moments réconfort mais ne devrait pas suivre pendant les courses ou au parc…

Avec de l’imagination, on pourra trouver des moyens rigolos pour aider l’enfant à s’en séparer : par exemple, la mettre dans une petite boîte, sur un cours d’eau, et lui faire au revoir depuis la berge.

Pour convaincre un petit qu’il peut s’en passer, il faut procéder par étapes : lui suggérer de l’enlever pour une sortie, pour parler ou encore une nuit sur deux. Sans hésiter à lui rappeler qu’il est grand et qu’il n’en a plus besoin. Cela le valorisera et l’aidera à « décrocher ». Lui donner une date butoir, comme son anniversaire ou son entrée en maternelle, peut aussi le soutenir dans son effort.

Dans la mesure du possible, il faudrait que l’usage de la tétine soit limité au seul rituel d’endormissement, et qu’elle soit interdite de séjour hors du lit. Si l’enfant ne se promène pas à longueur de journée avec sa sucette dans la bouche, cela limitera déjà pas mal les dégâts !

 

Brindilles