Sandrine Sananès et l’atelier de Charenton

Depuis 2007, Sandrine Sananès accompagne les enfants au sein de son atelier de Charenton, un atelier où la peinture et le Geste de peindre® se fait libre, sans jugement et qui permet à l’enfant de s’épanouir et de prendre confiance en lui.

Bonjour Sandrine merci de répondre à nos questions et merci de nous accorder ce temps d’échange !

Comment avez-vous été sensibilisée par la pratique de la peinture libre ?

Jeune maman, je souhaitais que nos enfants développent un talent artistique et j’ai exploré dans tous les sens pour trouver le plus épanouissant. Résultat : j’ai expérimenté avec eux la peinture libre durant neuf années dans un atelier à Paris.

Peut-on parler d’Art thérapie ?

Non. L’art thérapie se sert de l’art dans le but de soigner les gens. L’art thérapeute considère son patient en situation de guérison, il s’agit d’ introspection.

Le Geste de peindre est un loisir d’abord. Profond car, d’une certaine façon, j’aide mes élèves à développer les capacités créatrices qui existent au fond d’eux.

Si je dois classer le Geste de peindre dans des catégories, je trace deux ronds entrecroisés: l’un contient une pratique artistique différente, l’autre, le développement de la personne.

Les principaux bénéfices : la confiance en soi et le sentiment de plénitude !

On parle du Geste de peindre mais est-ce aussi un jeu ?

Oui, le Geste de peindre ® est aussi un jeu. J’aime très fort le Geste qui traduit le mouvement du corps pour exprimer. De plus, le geste porte chaque instant de nos vies.

Comment se passe une séance à l’atelier de Charenton ? Il y a-t-il des consignes ?

Comment l’enfant est-il accueilli ?

Le cours dure une heure trente. Ni thème, ni modèle, les enfants et les grands peignent ce qu’ils aiment. Ils choisissent leurs couleurs sur un long meuble ( la Tablacouleur ) où est disposé le matériel collectif, puis chacun va peindre debout face à sa feuille, son espace individuel. A l’atelier, les conversations ont libre cours et des enfants se sentent tellement libres qu’ils chantent quand ils peignent ! Je peux donner un conseil personnalisé sur la technique, si l’enfant prend trop

d’eau par exemple. J’accueille chaque enfant comme ‘ un invité de marque ‘.

Quand un enfant est inscrit, est-ce que vous souhaitez connaitre son histoire et son vécu personnel ou ça vous importe peu ?

Cela m’importe peu et ne rien savoir de l’histoire de l’enfant me permet de le voir sous son meilleur jour. Quelle personne extra vais-je rencontrer ?

Place à la découverte de l’autre !

Et le handicap ? Est-ce que vous intervenez auprès d’enfants handicapés ? Quels sont les bénéfices pour ces enfants ?

Oui, je reçois un handicapé par groupe. En général, le parent me prévient du handicap de son enfant.

Question bénéfice, je vais vous raconter une histoire… Nina, ma fille, s’est retrouvée par hasard dans le même cours que Fanny, du même âge qu’elle, et handicapée. La première avait très peur de la seconde. Pourtant, croyez-moi, Nina regrette encore la présence de Fanny qui est partie vivre en institution.

A l’atelier, nous apprenons à avoir moins peur, à reconnaître la différence.

L’enfant handicapé existe au même titre que les autres membres du groupe: un enfant qui peint. La maman de Jérémy, un jeune autiste, me rapporte que mon activité est la seule, d’où son fils ressort dans un état de sérénité.

Pourquoi la peinture et pourquoi pas le feutre ?

Le feutre permet de faire de jolis dessins, il est idéal pour colorier. La peinture glisse mieux sur la feuille et permet de laisser aller sa trace loin, loin, loin, de

s’exprimer.

Et le support ? Est-il toujours le même ? De la même dimension ?

La feuille est toujours blanche et lisse, au format raisin. Si j’avais plus de place à L’atelier de Charenton, elle pourrait être plus grande. Toutefois, en assemblant plusieurs feuilles l’enfant forme un grand tableau.

Quels âges se croisent pendant vos ateliers ?

Une majorité d’enfants de 3 à 8 ans se croisent, même si les cours sont ouverts dès l’âge de 30 mois jusqu’à l’âge adulte. Mes élèves grandissent avec l’atelier et il y a des ados déjà !

Est-ce que les tableaux sont commentés à la fin d’une séance ?

Oh que non ! C’est d’après moi, la raison pour laquelle les enfants sortent si détendus.

L’enfant ne repart pas avec sa production, pourquoi ?

Parce que je suis à peu près sûre que l’enfant voudra avoir le commentaire de son parent et que ce dernier le lui donnera. C’est ‘normal’ dans une logique classique.

D’autres parents qui ont compris le bénéfice du Geste de peindre ( voir plus haut ) choisissent pour leur enfant une démarche originale ‘de soi à soi’.

Où se situe votre atelier et comment inscrire son enfant ?

L’Atelier de Charenton est au centre ville de Charenton, dans le Val de Marne. Il est accessible de Paris en métro !

Quel est votre plus beau souvenir ou votre plus belle rencontre ?

J’en ai tout plein et sincèrement, je me rappelle de chacune de mes rencontres ( plus de 500 ) avec mes élèves.

Récemment, j’ai aidé Elisa – qui pouvait seulement reproduire des boucles d’écriture sur sa feuille – à déployer son geste. Pendant plusieurs cours, je l’ai encouragée quand elle peignait : encore, encore, encore… lui disais-je en m’amusant avec elle et elle a finalement tracé des volutes de toutes les couleurs sur 6 feuilles format raisin Elle s’est autorisée, je l’ai rendue plus audacieuse. Dans l’atelier, je me rencontre aussi à chaque instant. Un beau métier que le mien, oui.

Merci beaucoup !

Avec plaisir !

Pour avoir plus d’informations sur l’Atelier de Charenton, c’est par ici qu’il faut cliquer !

Brindilles