Témoignage d’une famille Brindilles en route pour devenir vegan….

go vegan

Keep calm and GO VEGAN

Comme beaucoup de personnes, mon compagnon et moi sommes devenus végétariens dans le cadre de notre refus des souffrances inhérentes à la consommation de viande. Nous étions aussi très touchés par l’aspect écologique catastrophique de sa production. Je pense que je ne vous apprendrai rien en la matière.

Le temps a passé (10 ans) et nous sommes depuis toujours en quête d’une vraie cohérence dans notre mode de vie. Notre credo : tenter de nuire le moins possible. Pour nous, les animaux humains, les animaux non humains et la planète sont intimement liés et prendre soin de l’un, c’est prendre soin des autres.

Cela parait parfois insurmontable. Les premières années ont été accompagnées d’une grande prise de conscience et d’un sentiment très lourd de culpabilité. Nous avons essayé de lâcher un peu prise et de faire « au mieux », en nous posant toutefois toujours les questions.

Nous tentons de consommer (car c’est bien là qu’est notre pouvoir le plus immédiat) de manière cohérente et non violente. Nous avons commencé par arrêter la viande, choisir des produits cosmétiques non testés sur les animaux et dont la composition était claire, choisir des habits et chaussures sans produits animaux ainsi que des loisirs n’impliquant pas de près ou de loin l’exploitation animale.

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Nous avons considérablement réduit la consommation d’œufs et de produits laitiers (encore un peu de fromage de chèvre / brebis, surtout à « l’extérieur » ou si c’est chez nous, du producteur tout près que nous connaissons). Nous choisissons le miel localement chez une personne dont nous connaissons les pratiques. Donc cela ne fait pas de nous des végétaliens. J’ai encore des difficultés à faire manger des légumineuses à mon fils, c’est une difficulté pour moi, il n’aime pas ça (il détecte une poignée de lentilles corail dans une grande marmite de soupe…).

Quand il est né il y a maintenant 6 ans, nous avons continué dans cette optique, en essayant de ne pas tomber dans la surconsommation qu’un tel évènement peut parfois engendrer. Nous avons compris qu’il fallait faire dans le simple et le « juste » pour être sûrs de ne pas nous tromper. J’ai d’ailleurs été longtemps cliente chez Brindilles pour l’essentiel.

Nous étions déjà persuadés qu’il fallait moins consommer mais de meilleure qualité, avec un enfant cela prend tout son sens. Il a été allaité quasi deux ans, a porté des couches lavables, a été porté par ses deux parents, puis nourri avec des aliments de qualité. Il a joué avec des jouets choisis avec précaution etc… Nous n’avons pas eu de grosses difficultés durant sa première année concernant notre volonté de ne pas nuire aux animaux. Cela s’est corsé quand il a fallu acheter des chaussures puisque je n’ai, pour ma part, pas trouvé de chaussures de bonne qualité sans cuir (pour l’hiver en tout cas). A l’heure actuelle, j’ai opté pour moins de chaussures mais qui durent (marque Pediped).

A la crèche, quand notre petit garçon a été diversifié, nous n’avons pas donné d’instructions particulières. Il mangeait comme tout le monde, en dehors du lait de vache (pour des raisons de santé). Ensuite nous l’avons mis en jardin d’enfants (pédagogie Steiner) où il est pour la dernière année. Là nous avons tenu le même discours mais sachant qu’un plat avec de la viande est proposé en général une fois par semaine (l’inverse des autres établissements je crois). Pour nous, il est en droit de goûter ce que les autres mangent et de se sentir en difficulté s’il doit faire différemment de la majorité. Bien sûr, nous exprimons clairement nos choix auprès de lui mais le laissons libre et surtout lui laissons le temps de bien intégrer tout cela. A la maison, comme partout, il y a des règles : pas de chair animale.

Autre sujet qui peut nous mettre en difficulté, le fait que nous ne voulons pas des zoos et cirques avec animaux comme références dans notre culture familiale. Nous avons beaucoup insisté auprès des grands-parents en argumentant clairement mais si nous ne sentons pas la chose venir, elle est faite dans notre dos, dans un parc « pas complètement zoo » par exemple.

Les difficultés viennent souvent des proches qui ne parviennent pas à s’adapter à nos convictions : pulls en laine faits avec beaucoup d’attention qu’il est difficile de refuser (pourtant infos sur la laine transmises), gels douches en bouteilles rigolotes mais de provenance douteuse etc…

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Pour les repas, nous avons remarqué que bien que nous ayons spécifié préférer que notre fils ne mange pas de viande, les gens lui font goûter et essaient bien souvent de lui faire dire que « c’est bon / meilleur ». Heureusement que nous avons un petit garçon bien en forme et rondelet sinon que ce serait-il passé ?

Concernant les soins, nous évitons aux maximum la médecine allopathique testée sur les animaux mais surtout pas toujours adéquate à notre sens pour soigner le corps dans sa globalité. Il arrive parfois que les médicaments homéopathiques soient des dérivés animaux (abeilles, foie de canard), soit nous trouvons une solution, soit nous prenons cela comme un moindre mal.

Ensuite, ce sont des petites choses de la vie de tous les jours, comme dans cet exemple récent : si nous voulons faire un costume d’indien, nous utilisons les plumes ramassées par terre…

Certaines petites choses nous posent des soucis, considérant la toxicité des alternatives proposées : les plumes dans les couettes, la cire dans les bougies me viennent à l’esprit.

Nous faisons partie des gens qui pensent que les animaux ont des droits, ceux de vivre leur vie en toute quiétude sans être asservis ou mourir pour finir dans notre assiette. Mais vous voyez que dans la pratique, nous n’y parvenons pas parfaitement. Et je pense qu’il est contre-productif de vouloir tout faire de suite. Certains y parviennent surement et sont vraiment vegans. Dans ma tête, je suis abolitionniste : je ne veux pas des cages plus grandes, je n’en veux plus du tout. Mais j’ai bien conscience que pour y parvenir, il y a des étapes. Je me les applique pour que cette démarche s’inscrive dans le temps. Je soutiens les projets qui vont dans le sens d’une société plus juste et moins violente.

Au fond, il y a bon nombre de domaines où nous pouvons substituer ce qui implique de l’exploitation animale sans trop d’efforts. Là où cela se corse, c’est quand nous souhaitons opter pour des produits naturels et respectueux de l’environnement. Tout est possible, mais ce n’est pas forcément ce qui est proposé en terme de consommation. A mes yeux, c’est la principale difficulté de notre démarche.

Mélanie SCHMIDT